Résumé

Georges Duval Le Premier amant, par Georges Duval… (1883)

C'est donc possible, monsieur Gaston ?
— C'est du moins Lucien qui le dit.
- S'appeler comme lui ! continua Louise en se laissant tomber sur un fauteuil et en s'essuyant les yeux. Pouvoir se présenter dans le monde, à son bras, la tête haute et le cœur fier ! Je ne puis y croire encore ! Je ne méritais pas tant !
Elle se leva, s'approcha de Lucien, se mit à genoux devant lui.
Et comme il cherchait à la relever : — Non, murmura-t-elle, laisse-moi m'humilier, mon mari, mon rédempteur! A genoux, je veux être à genoux !. Lucien, tu m'apprendras ce que je ne sais pas encore, n'est-ce pas ?
Source : Gallica

Georges Duval Le Premier amant, par Georges Duval… (1883)

Ta femme ! murmura Louise. Pourquoi as-tu prononcé ce mot-là devant moi ! Pourquoi m'avoir fait entrevoir des hauteurs que je ne puis atteindre, des rêves irréalisables, hélas ! Mon pauvre Lucien ! les femmes comme moi, on se contente de les aimer. Il y a assez de jeunes filles sans tache pour fouler les chemins de l'autel. Je comprends bien ce que tu penses et ce que tu dis. Jamais tu ne seras plus et mieux adoré ; jamais tu n'auras près de toi une épouse plus dévouée, et si le ciel avait exaucé mes vœux les plus secrets, tu n'aurais jamais vu de mère plus attentive et plus aimante.
Source : Gallica

Georges Duval Le Premier amant, par Georges Duval… (1883)

Échappant à Gaston, Lucien se laissa tomber sur une chaise.
— Je ne veux pas que tu pleures ! poursuivit-elle en se rapprochant pour mieux trouver le chemin de son cœur. Imagine-toi que nous nous réveillions tous deux d'un beau rêve, mais d'un rêve impossible. Nous nous sommes reposés à l'ombre d'une oasis, et nous y avons chanté un refrain d'amour jusqu'à la nuit venue. Alors, il a fallu partir chacun de son côté, non sans regrets peutêtre, mais du moins avec la mutuelle satisfaction du devoir accompli. Voilà ce qui nous
arrive et voilà ce qui arrive tous les jours.
Source : Gallica

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