Résumé

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Les Chansons De Bilitis

Ô touche, ô touche ma peau ainsi! Ni l'eau ni la brise de midi ne sont plus douces que ta main.
Aujourd'hui chéris-moi, petite sœur, c'est ton tour. Souviens-toi des tendresses que je t'ai apprises la nuit dernière, et près de moi qui suis lasse agenouille-toi sans parler.
Tes lèvres descendent de mes lèvres. Tous tes cheveux défaits les suivent, comme la caresse suit le baiser. Ils glissent sur mon sein gauche; ils me cachent tes yeux.
Donne-moi ta main. Qu'elle est chaude! Serre la mienne, ne la quitte pas. Les mains mieux que les bouches s'unissent, et leur passion ne s'égale à rien.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Les Chansons De Bilitis

LE TOMBEAU DE BILITIS
PREMIÈRE ÉPITAPHE
156 Dans le pays où les sources naissent de la mer, et où le lit des fleuves est fait de feuilles de roches, moi, Bilitis, je suis née.
Ma mère était Phoïnikienne ; mon père Damophylos, Hellène. Ma mère m’a appris les chants de Byblos, tristes comme la première aube.
J’ai adoré l’Astarté à Kypre. J’ai connu Psappha à Lesbos. J’ai chanté comment j’aimais. Si j’ai bien vécu, Passant, dis-le à ta fille.
Et ne sacrifie pas pour moi la chèvre noire ; mais, en libation douce, presse sa mamelle sur ma tombe.
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Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Les Chansons De Bilitis

Si tu cherches une fille rieuse, avec des seins exubérants, la taille délicate, la croupe grasse et les reins creusés, va jusqu’au coin de cette rue, où demeure Spidorrhodellis.
Mais si les longues heures tranquilles dans les bras d’une courtisane, la peau douce, la chaleur du ventre et l’odeur des cheveux te plaisent, cherche Miltô, tu seras content.
N’espère pas beaucoup d’amour ; mais profite de son expérience. On peut tout demander à une femme, quand elle est nue, quand il fait nuit, et quand les cent drachmes sont sur le foyer.
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