Résumé

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Aphrodite. Mœurs Antiques

L’amour, commença Phrasilas, est un mot qui n’a pas de sens ou qui en a trop, car il désigne tour à tour deux sentiments inconciliables : la Volupté et la Passion. Je ne sais dans quel esprit Faustine l’entend.
— Je veux, interrompit Chrysis, la volupté pour ma part et la passion chez mes amants. Il faut parler de l’une et de l’autre, ou tu ne m’intéresseras qu’à demi.
— L’amour, murmura Philodème, ce n’est ni la passion ni la volupté. L’amour c’est bien autre chose...
— Oh ! de grâce ! s’écria Timon, ayons ce soir, exceptionnellement, un banquet sans philosophies.
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Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Aphrodite. Mœurs Antiques

Démétrios savait cela, et qu'elle était orgueilleuse de sa lignée olympienne. Aussi, ne se troubla-t-il pas quand la souveraine lui dit sans bouger: «je suis l'Astarté. Prends un marbre et ton ciseau, et montre-moi aux hommes d'Égypte. Je veux qu'on adore mon image.»
Démétrios la regarda, et devinant, à n'en pas douter, quelle sensualité simple et neuve animait ce corps de jeune fille, il dit: «Je l'adore le premier», et il l'entoura de ses bras. La reine ne se fâcha pas de cette brusquerie, mais demanda en reculant: «Te crois-tu l'Adônis pour toucher la déesse?» Il répondit: «Oui.»
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Autour d'elle, la fête continuait. Une couronne d'iris, lancée on ne savait d'où, vint s'appliquer sur sa bouche et lui laissa aux lèvres l'âcre goût du pollen. Un homme répandit sur ses cheveux une petite fiole de parfum qui coula trop vite en lui mouillant l'épaule. Les éclaboussures d'une coupe pleine où l'on jeta une grenade tachèrent sa tunique de soie et pénétrèrent jusqu'à sa peau. Elle portait magnifiquement toutes les souillures de l'orgie.
L'esclave sortie ne revenait pas.
Chrysis gardait sa pâleur de pierre et ne bougeait pas plus qu'une déesse sculptée.
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