Résumé

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Nouvelles de Théophile Gautier

Quelque magicienne de Thessalie m’a sans doute ensorcelé. Hélas ! que dis-je ? le seul charme magique, c’est sa beauté, qui n’a d’égale au monde que la tienne. Je la possédais, je la voyais tous les jours, je m’enivrais de sa présence adorée comme d’un nectar céleste ; elle m’aimait comme tu m’as aimé, Bacchide ; mais ce bonheur était trop grand pour durer. Les dieux furent jaloux de moi. Plangon m’a chassé de chez elle ; j’y suis revenu à plat ventre comme un chien, et elle m’a encore chassé. Plangon, la flamme de ma vie, mon âme, mon bien, Plangon me hait, Plangon m’exècre
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Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Nouvelles de Théophile Gautier

Hâthor, puissante déesse, disait-il à voix basse, que t’ai-je fait pour me rendre si malheureux ? te venges-tu du dédain que j’ai eu pour Nephté, la fille du prêtre Afomouthis ? m’en veux-tu d’avoir repoussé Lamia, l’hétaire d’Athènes, ou Flora, la courtisane romaine ? Est-ce ma faute, à moi, si mon cœur n’est sensible qu’à la seule beauté de Cléopâtre, ta rivale ? Pourquoi as-tu enfoncé dans mon âme la flèche empoisonnée de l’amour impossible ? Quel sacrifice et quelles offrandes demandes-tu ?
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Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Nouvelles de Théophile Gautier (1852)

Plangon se leva, fut à lui, et, le serrant étroitement sur sa poitrine : « Ah ! j'ai été méchante, dure, impitoyable ; je t'ai fait souffrir, mon cher coeur. Je ne sais comment je me punirai de tant de cruautés. Tu aimais Bacchide, et lu avais raison, elle vaut mieux que moi. Ce qu'elle vient de faire, je n'aurais eu ni la force ni la générosité de le faire. C'est une grande âme, une grande âme dans un beau corps! en effet, lu devais l'adorer! » Et une légère rougeur, dernier éclair d'une jalousie qui s'éloignait, passa sur la figure de Plangon.
Source : Gallica

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