Théodore Faullain de Banville

Résumé

Théodore Faullain de Banville Les parisiennes de Paris

Aussi, du jour où je me connais, ç'a été un duel à mort entre moi et ma fortune, et c'est elle qui m'a tué; car, sachez-le, je voulais être artiste! Oh! la fortune, elle m'a pris à bras le corps, elle m'a desséché les lèvres sous ses froids baisers, elle m'a fait des yeux couleur d'or, et un horizon d'or qui m'empêche de voir le soleil. Pour moi, grand Dieu! tous les fleuves sont le Pactole; ils roulent des paillettes d'or dans leurs vagues étincelantes. Pour moi, la musique c'est le chant de l'or; la lumière, c'est le reflet de l'or! L'or me poursuit comme un ennemi implacable
Source : Gutenberg

Théodore Faullain de Banville Les parisiennes de Paris

Margueritte lui jeta un regard de haine.
—Le scélérat! s'écria Céliane, il ne mourra donc jamais!
Et toujours elle rapetassait ses oripeaux dorés.
—Ma vie! mon âme! chère, chère Aglaé! murmura tendrement Margueritte.
Puis il retourna à l'armoire, et il parlait tout en buvant, ne s'interrompant plus de parler et de boire, tout en tournant la tête de tous côtés, comme un homme effaré.
—Il y a des artistes à qui leurs femmes mangent... mangent... mangent... (Il but.) le coeur! Mais elle, mon Aglaé, ma chère... Aglaé... c'est le trésor... le trésor...
Source : Gutenberg

Théodore Faullain de Banville Les parisiennes de Paris

Il n'a qu'une pensée, il n'a qu'un rêve, il n'a qu'une idée fixe.
Paris, écoutez, je n'en rabattrai rien! Paris tout entier vit dans une folie ardente, inguérissable, féconde, sublime, nourrice d'oeuvres et d'efforts: la folie de l'Amour.
Être aimé, aimer au milieu du luxe, tel est l'Idéal auquel sont gaiement sacrifiées toutes ces existences que broie l'impitoyable meule du Travail incessant. A Paris, derrière le milieu qu'on ambitionne, il y a toujours une figure de femme qui sourit et qui vous appelle avec le geste délicieux des sirènes.
Source : Gutenberg

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