Théodore de Banville

Théodore de Banville

Résumé

Portrait de Théodore de Banville Théodore de Banville Contes pour les femmes : scènes de la vie (1881)

Toujours accompagnée par son père, le marquis Jean, soit qu'on les vît parcourir les allées à cheval ou promener dans une voiture attelée avec la plus correcte élégance, mademoiselle Christine de Torsay, par son visage céleste, aux yeux bruns, d'une blancheur délicate et comme transparente, avivé par les splendeurs d'une calme chevelure d'or, éveillait l'idée d'une créature angélique, de quelque messager de concorde et de suprême joie n'appartenant pas à la terre, et réalisait pour le peintre ces
figures extrahumaines que l'Art devine, et crée, faute de modèles, par un effort d'amour.
Source : Gallica

Portrait de Théodore de Banville Théodore de Banville Contes pour les femmes : scènes de la vie (1881)

« Oui, j'ai été aimée ! » dit Érice de Lore à son amie la princesse de Claris; « aimée comme toute femme rêve de l'être, avec un respect idéal que nulle reine n'obtint jamais, et avec une idolâtrie à laquelle peut seule prétendre une divinité. Oui, j'ai été aimée avec une telle adoration effrénée et pure, que la seule pensée de ce culte, dont j'ai respiré l'enivrant encens, suffit à éteindre, à supprimer ce qu'il y eut de mauvais dans ma vie, à effacer les déceptions et à teindre mes jours d'une pourpre semblable à celle de ce soleil couchant qui nous éclaire. »
Source : Gallica

Portrait de Théodore de Banville Théodore de Banville Contes pour les femmes : scènes de la vie (1881)

Il lui faut la hardiesse d'un conquérant, l'invention d'un poète, la rouerie d'un valet, l'agilité d'un comédien, le sang-froid d'un général d'armée, la souplesse d'esprit d'un diplomate, une effronterie de courtisane, la distinction innée, une science encyclopédique, une mémoire de créancier, une santé de fer, l'instinct de toutes les choses idéales, et il doit veiller sans cesse à ce que sa compagne n'oublie ni sur les chaises des restaurants, ni sur les coussins des voitures, des mouchoirs sur lesquels sont brodés des chiffres ou des armoiries.
Source : Gallica

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