“ Rien ne met plus en gaieté que le bonheur ; aussi, quoique son arrivée fût assez inopportune, un éclat de rire frais et charmant sortant des lèvres fleuries de Rose et de Blanche accueillit cette apparition grotesque. Jocrisse faisant rire les filles du maréchal, depuis si longtemps attristées, Jocrisse eut droit, à l’instant, à l’indulgence du maréchal, qui lui dit avec bonne humeur : — Que veux-tu, mon garçon ? — M. le duc, ce n’est pas moi ! répondit Jocrisse en mettant la main sur sa poitrine, comme s’il eût fait un serment ; de sorte que son plumeau s’échappa de dessous son bras. ”
Jocrisse
Définition et enjeux
Jocrisse, figure comique et ambiguë de la littérature, incarne l'absurdité et la candeur dans des œuvres variées. Eugène Sue le présente comme un agent de joie perturbatrice, tandis qu'Ernest Doin explore ses facettes émotionnelles, oscillant entre mélancolie et burlesque.
Gosvin-Joseph-Augustin de Stassart, dans ses fables, le montre comme un personnage pratique, réparant ses vêtements avec une logique troublante. Ces interprétations diverses révèlent un personnage à la fois ridicule et émouvant, associant l'humour à la vulnérabilité. Le thème de Jocrisse s'inscrit ainsi dans une tradition littéraire qui joue sur la dualité du risible et de l'humain.
Citations sur “Jocrisse”
Ernest Doin, Trois pièces comiques
“ Jocrisse ! mon Jocrisse ! Jocrisse (pleurant) Mes amis ! Toutes ! fini... y a plus moyen, faut s’dire adieu !... Puisqu’y faut mourir...mourissons !... puisqu’y faut périr... perons !... Chœur (en pleurant tous les trois) Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Que de peines, hélas ! Pauvre Jocrisse, que vas-tu faire ? Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Que de peines, hélas ! Tout ça m’conduira z’au trépas ! Jocrisse (continuant) Adieu donc, Adieu Scopette, Adieu Laflûte, mon cousin. Faut qu’tout ça touche à sa fin, J’vas prendre la poudre d’escampette. (reprise du chœur) Ah ! ”
Ernest Doin, Le dîner interrompu
“ Jocrisse Oh rien... presque rien. Laflûte (à part) V’là la comédie qui commence, mais j’y comprends rien encore. Vincent Mais encore, que diable, quand la gaîté s’en va, c’est que... Jocrisse C’est que la tristesse arrive et la santé s’en sent. Vincent Ah ! ça, mon gaillard, quel diable de ton prends-tu donc ?... tu as la mine d’un enterrement. Jocrisse (lentement) Dame... M. Vincent... voyez-vous, j’suis comme ça moi... quand j’vois qu’un malheur doit arriver à un honnête homme. Eh ben... ça m’boulverse... ça m’tourmente comme une âme en peine. ”
