Ernest Doin

Élements biographiques

Ernest Doin,  Le Conscrit ou Le Retour de Crimée

“ Allons, si tous étaient comme toi, la France serait bien défendue.
ROBERT.
Oui, sergent, car je l'aime, moi, et mon premier comme mon dernier cri sera: Vive la France!
LAVALEUR.
Oui, mon ami, tu as raison, aime la France, car la France... vois-tu, la France!... c'est la France!... et il n'y en a qu'une.
JULIEN.
Moi aussi, sergent, j'aime la France, mais je préfère rester au pays que d'être soldat.
LAVALEUR.
Qu'est-ce que c'est qu'un blanc-bec comme ça?... Ma foi, tu ne ferais pas mon affaire; car à t'entendre, je crois que tu ne serais jamais qu'un mauvais soldat. Tu as peur?...
”
Source : Gutenberg

Ernest Doin,  Le Pacha trompé

“ Tristapatte. Ah ça ! mon ami Lagingeole, dis-moi, si par hasard tu n’as pas perdu la tête, d’aller promettre au pacha un ours qui joue et qui danse ; où veux-tu que nous trouvions une bête comme celle-là ?
Lagingeole. Comment ? tu ne devines pas qui est-ce qui est la bêle ?
Tristapatte. Ma foi, non.
Lagingeole. Eh bien ! mon ami, c’est toi.
Tristapatte. Comment ? Je suis la bête ?
Lagingeole. Eh ! oui, c’est toi qui es la bête ; car tu ne comprends rien. Ne te rappelles-tu pas que nous avions un ours ?
Tristapatte. Oui, mais il est mort, il ne nous en reste plus que la peau.
”
Source : Wikisource

Ernest Doin,  Le dîner interrompu

“ LAFLUTE (à part)
Vlà la comédie qui commence, mais j'y comprends rien encore.
VINCENT
Mais encore, que diable, quand la gaîté s'en va, c'est que...
JOCRISSE
C'est que la tristesse arrive et la santé s'en sent.
VINCENT
Ah! ça, mon gaillard, quel diable de ton prends-tu donc?... tu as la mine d'un enterrement.
JOCRISSE (lentement)
Dame... M. Vincent... voyez-vous, j'suis comme ça moi... quand j'vois qu'un malheur doit arriver à un honnête homme. Eh ben... ça m'bouleverse... ça m'tourmente comme une âme en peine.
”
Source : Gutenberg

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