“ Le vent a cette haleine longue dont il parcourt les grands espaces, terre ou mer, et peu à peu tous les souffles de la plaine, frôlement d’herbes, craquements de feuilles, confondus dans un immense roulis de soupirs et de sons enveloppent l’enfant, le bercent, l’apaisent et l’endorment profondément. ”
Citations sur “plumet”
Léo-Paul Desrosiers, Âmes et paysages
“ Et, en face du panorama des collines basses, vieilles, lumineuses et douces, nous passions des heures sur des rochers élevés par les nuits de pleine lune, aussi immobiles que des sphinx et émus par la beauté des choses et leur grandeur. Par les jours d’orage, c’était le repos sous la tente de toile à écouter la pluie chantante et chaude tomber sur les feuillages dans un brouillard blanc. Et quelquefois, s’arrondissant ainsi qu’un halo, un arc-en-ciel coiffait un mont ou dessinait une arche de pont multicolore entre deux sommets. ”
Charles Darwin,
Voyage d’un naturaliste autour du monde
“ Près du sommet, le vent, comme à l’ordinaire, est froid et impétueux. Nous traversons quelques champs considérables de neiges perpétuelles qui vont bientôt se trouver recouvertes par de nouvelles couches. Arrivés au sommet, nous nous retournons, et le spectacle le plus magnifique frappe nos regards. L’atmosphère limpide, le ciel bleu foncé, les vallées profondes, les pics dénudés aux formes étranges, les ruines entassées pendant tant de siècles, les rochers aux brillantes couleurs, qui contrastent si vivement avec la blancheur de la neige, tout ce qui m’entoure forme une scène indescriptible. ”
Friedrich Schiller,
Poésies de Schiller
“ Du sein des nuages descend la pluie qui est une bénédiction, et du sein des nuages descend la foudre. Entendez-vous au sommet de la tour gémir le tocsin ? Le ciel est rouge comme du sang, et cette lueur de pourpre n’est pas celle du jour. Quel tumulte à travers les rues ! quelle vapeur dans les airs ! La colonne de feu roule en pétillant de distance en distance et grandit avec la rapidité du vent. L’atmosphère est brûlante comme la gueule d’un four ”
Jules de Tournefort, Chants des ruines, par Jules de Tournefort (1847)
“ Dans les vapeurs du soir, dans les brises errantes, Le nuage qui passe et l'étoile qui fuit, Ou bien dans ces lueurs qu'au bord des eaux dormantes On voit briller la nuit. Et si le vent du nord ébranle le feuillage, Du rosier que j'aimais, s'il disperse les fleurs, Vous entendrez bientôt, sous l'aile de l'orage, Passer la voix des pleurs. Quand l'ombre couvrira des cieux le vaste dôme, Quand l'étoile des morts luira sur le vallon, A ses reflets d'argent, vous verrez un fantôme Glisser sur le gazon. ”
Nicolas Loir, Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture
“ Il fit donc remarquer l’harmonie du tout ensemble, et que, comme l’air semble être privé de lumière, les nuages, l’eau et la terre sont presque d’une même teinte, que les arbres, battus d’un violent orage et d’une pluie continuelle, sont tous penchés sur la terre ; que les roches sont lavées et comme transparentes, au travers de l’eau qui en dégoutte ; que de plus l’eau qui tombe dans les cascades et entre les rochers n’a nul éclat de lumière, et ne paroît qu’une terre détrempée, et qu’à l’égard des figures, leurs habits sont tous mouillés ”
E. Jurien de la Gravière, Souvenirs d’un Amiral, troisième série…
“ Le vent de mer, qui souffle généralement pendant les heures les plus chaudes du jour, soulève des tourbillons de poussière au milieu desquels peut se cacher le germe du fléau. Une plume, une feuille d’arbre, un fil, tout était un sujet de terreur pour les habitans de cette malheureuse cité. ”
Paul Jamot,
La peinture au Musée du Louvre…
“ Rien que le drame de la lumière, de la terre et des arbres : l'arc-en-ciel apparaît après l'orage et, dans un effet qui n'avait pas encore été peint avec autant de hardiesse, de vérité et de puissance, fait briller les jeunes verdures mouillées par la pluie, qui se détachent, comme vernies, sur le fond noir du firmament où flottent quelques nuages floconneux et livides. ”
M. François Stroobant, Le Tour du monde
“ À la lueur de ton flambeau tu l’éclaires, la nuit, à travers les ruisseaux, dans les routes impraticables et les campagnes désertes ; avec l’aurore aux mille couleurs, tu souris à son âme ; avec la furieuse tempête, tu l’emportes sur les hauteurs ; les torrents de l’hiver se précipitent du rocher et répondent à ses cantiques ; — elle devient pour lui l’autel de la plus tendre reconnaissance, la tête neigeuse du sommet redouté, que les peuples crédules ont couronnée de rondes fantastiques. ”
“ Le vent hurle et siffle dans les arbres, et vient s’abattre en gémissant contre les murs ; la pluie fouette les vitres, les fenêtres craquent, les cheminées grondent, les nuages couvrent les avenues d’un voile épais, masquent les points de vue, et passent comme un cortège funèbre au-dessus des pelouses ruisselantes. ”
M. L. Deville, Le Tour du monde
“ Les merveilles de la nature éveillent en nous simultanément une foule de sensations complexes. La plume peut à peine noter l’une après l’autre chacune de ces impressions, qui se confondent et s’harmonisent pour exalter notre admiration. En face du spectateur s’élèvent des rochers rougeâtres, dont la couleur fait ressortir les brillantes teintes de la masse liquide. Verdâtre à son sommet, celle-ci est veinée au-dessous de filets d’argent, puis se perd dans l’abîme en avalanches d’écume neigeuse. ”
Émile Moselly,
Terres lorraines
“ Puis de grands coups de vent passèrent, venus de l’horizon, pareils à la respiration d’une poitrine géante, éveillant les choses éternelles, les roches, les champs, les bois, dont les masses roulèrent confusément. Apportant les odeurs des champs exaspérés par le soleil, l’odeur des fleurs qui ne durent qu’un jour et celles des arbres qui vivent des siècles, le vent les mêlait, les froissait, les éparpillait en lambeaux dans le vide immense, où des buses, dans leur vol planant, décrivaient lentement de grands cercles. ”
Émile-Mathieu Campagne, L'école nationale, ou L'enseignement progressif d'après la marche naturelle de l'esprit humain (1872)
“ Le murmure des vents, un ruisseau qui s'enfonce dans l'ombre épaisse d'un bois, un coteau qui nous montre des chaumières rares et isolées, la nature qui s'embellit au printemps et se dépouille en hiver, une vaste plaine couverte d'une moisson dorée, que le vent secoue comme les ondes de la mer ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 décembre 1875
“ Au-dessus du gouffre, que le regard peut sonder du haut d’une pointe de rocher qui surplombe du côté de l’ouest, flotte un voile de nuages argentés que le vent déchire par places, et sur lequel se projette un double arc-en-ciel parfaitement circulaire. ”
Louis Bouilhet,
Dernières chansons
“ Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes, Le soleil s’étalait, radieux, dans les airs, Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs voûtes, Semblaient, par les vallons, plus touffus et plus verts ! ”
Victor Hugo,
Les Quatre Vents de l’esprit
“ Se dressent de tous côtés Comme des talons énormes D’archanges précipités. L’eau bat le roc qu’elle insulte, Le vent bat l’eau qu’il poursuit ; Toute l’onde est un tumulte De montagnes dans la nuit. ”
Georges Rodenbach,
La Jeunesse blanche
“ La pluie est un filet pour nos rêves anciens ! Et, dans ses mailles d’eau qui leur font prisonnières Les ailes, ces divins oiseaux musiciens Meurent très longuement d’un regret de lumières. La pluie est un filet pour nos rêves anciens. Comme un drapeau mouillé qui pend contre sa hampe, Notre âme, quand la pluie éveille ses douleurs, Quand la pluie, en hiver, la pénètre et la trempe, Notre âme, elle n’est plus qu’un haillon sans couleurs Comme un drapeau mouillé qui pend contre sa hampe ! ”
Mark Twain,
Les Aventures de Tom Sawyer/Traduction Hughes…
“ Sous la conflagration qui embrasait à chaque instant le ciel tout se dessinait nettement sans produire une ombre — les arbres ployés, le fleuve houleux sous sa couche de mousse blanche, les flocons d’écume, les collines de la rive opposée que l’on entrevoyait à travers le voile de la pluie oblique. ”
André Baillon, Moi quelque part
“ Quand on est assis dans l’âtre, par l’ouverture de la cheminée ou voit le ciel tout en haut, quelquefois l’œil d’une étoile ou bien l’épaule d’un nuage. Si la pluie tombe droit, elle vient se brûler les gouttes à mes flammes. ”
Marcel Wyseur, La Flandre rouge : poèmes (1916)
“ Le ciel est noir comme un corbeau, On ne voit rien, pas même l'eau Qui stagne dans les mares sombres, Le long des routes et des ombres. Sur le pavé gras et luisant, Tombe la pluie en clapotant, Tombe la pluie en trame fine, La pluie amère qui s'obstine. ”
Hernán Cortés, Lettres de Fernand Cortes à Charles-Quint
“ De la plus haute de ces montagnes s’échappent souvent, la nuit et le jour, des masses de fumée comme de grandes maisons qui s’élancent droit comme une flèche en colonnes épaisses jusqu’aux nuages, et avec une telle force que les vents très violents qui règnent dans le haut de la montagne ne les font point fléchir. Comme j’ai toujours désiré faire à Votre Altesse les rapports les plus complets sur tout ce qui touche à cette contrée, je résolus de découvrir le secret de ce phénomène, qui me semblait merveilleux. ”
Henri de Régnier,
Les Jeux rustiques et divins
“ Et la pluie et le vent rôdent par la forêt. Emportez le métier et l’aiguille ouvrière, Il pleut sur nos cheveux, mes sœurs, il pleut là-bas Et dans le vent au loin battent les cœurs du lierre ! Les arbres, tour à tour, retiennent de leurs bras Le vent brusque qui fuit de leur étreinte et traîne Les feuilles en émoi que soulèvent ses pas ; Il pleut sur nos cheveux, il pleut dans la fontaine Et l’averse déjà rit à travers ses pleurs ! Toute la terre embaume impétueuse et saine Vers celle-là qui vient debout parmi les fleurs. ”
Félix Nadar, À terre & en l'air
“ À la plume—levior vento, si le physicien laisse parler le poëte,—à la plume vous aurez beau ajuster et adapter tous les systèmes possibles, si ingénieux qu'ils soient, d'agrès, palettes, ailes, rémiges, roues, gouvernails, voiles et contre-voiles,—vous ne ferez jamais que le vent n'emporte pas du coup ensemble, au moment de sa fantaisie, plume et agrès. ”
Olinde Petel, Les Idéales, poésies, par Olinde Petel (1858)
“ Les rochers que des flots agite la démence, La lune en deuil glissant dans un ciel nuageux, Et les bois, où, la nuit, se disputent les ombres, Quand le vent des hivers y mêle ses cris sombres Aux cris des torrents orageux. ”
George Sand,
Un bienfait n’est jamais perdu
“ Elle était donc ivre de joie en voyant surgir une armée nouvelle avec des plumets, des titres, des galons et des noms nouveaux ; toute cette ivresse était à la surface, le cœur et les sens n’y jouaient qu’un rôle secondaire. La marquise était sage, c’est-à-dire qu’elle n’avait jamais eu d’amant ; elle était comme habituée à se sentir éprise de tous les hommes capables de plaire, mais sans en aimer assez un seul pour s’engager à n’aimer que lui. ”
Anaïs Marcelli, Musée poétique illustré (1866)
“ La source d'eau, levant la pierre de sa tombe, Hardiment s'en détache, ainsi qu'un miroir tombe, Et vient bondir sur les degrés Du granit, des rocs, ou des grès, Escaliers naturels sur lesquels l'onde marche. Au-dessus des torrents tremblent des ponts sans arche, Qu'un seul coup de vent construit Par quelque arbre qui se penche, Et qu'un coup de vent détruit, Si ce n'est une avalanche. En ce pays, où le caprice tranche, Tout monte, tout descend, Tout fuit, tout nous surprend. ”
Conférences faites au musée Guimet… (1908)
“ Mais quand le vent se met à souffler, on n'y voit plus: le ciel prend une teinte jaune, le soleil est voilé et, après quelques instants de séjour dehors, vous êtes méconnaissable ; Vous Semblez sortir du puits d'une mine. ”
Karl Des Monts, Les Légendes des Pyrénées. 3e édition (1876)
“ Au loin , enfin , d' âpres rochers enfarinés d' éblouissantes neiges se dressent devant vous comme autant de points d' exclamation . De leurs flancs raboteux et sombres , brûlés par le soleil , desséchés par le vent du nord , crevassés en tous sens , fendillés par le souffle impétueux des orages , semblent de temps à autre s' élever de sinistres murmures qu' on serait tenté de prendre pour autant de blasphèmes adressés à la nature , qui ne cesse d' être pour eux une impitoyable marâtre . Plus on avance et plus le paysage prend d' attristants aspects . ”
“ La plume, seul débris qui restât des deux ailes De l’archange englouti dans les nuits éternelles, Etait toujours au bord du gouffre ténébreux. Les morts laissent ainsi quelquefois derrière eux Quelque chose d’eux-mêmes au seuil de la nuit triste, Sorte de lueur vague et sombre, qui persiste. Cette plume avait-elle une âme ? qui le sait ? ”
George Sand,
Jean de la Roche
(1860)
“ Le jeu des nuages changeait à chaque instant l’aspect des tableaux fantastiques, et, quand la pluie tombait, les noirs rideaux de sapins, aperçus à travers un voile, semblaient reculer du double, et le paysage prenait la vastitude des grandes scènes de montagnes. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1774)
“ Lorsque les orages descendent de la montagne, lorsque le vent du nord soulève les flots, je m’assieds sur le rivage retentissant, et je regarde le terrible rocher. Souvent, quand la lune commence à renaître dans le ciel, j’aperçois dans le clair-obscur les esprits de mes enfants marchant ensemble dans une triste concorde. ”
Anna de Noailles,
Les Forces éternelles
“ Qu’est le mol éther pluvieux ! Vous hissez vers vos courtes ailes, Vers vos cols dépliés d’amour, Les chétives plantes nouvelles Qui font l’ascension du jour. Menue, adroite et vigilante, La pluie est une âme au jardin ”
Alphonse de Lamartine,
Voyage en Orient
“ Il y a confusion, poussière, ruines, obscurité par moments ; mais, de temps en temps aussi, le vent soulève ce nuage de poudre qui cache la route et le but, et ceux qui sont sur la hauteur distinguent la marche des colonnes, reconnaissent le terrain de l’avenir, et voient le jour, à peine levé, éclairer de vastes horizons. ”
“ La grande voix du tonnerre, en roulant sur des abîmes, se répète et retentit dans leur profondeur; le vent, qui fouette les longues forêts de sapins et les colle sur le roc perpendiculaire comme un vêtement sur des flancs humains, s'engouffre aussi dans les gorges et y jette de grandes plaintes aiguës et traînantes comme des sanglots. ”
Henriette de Witt,
Les femmes dans l'histoire (2e édition…
(1889)
“ Alors un vent impétueux soulève tout à coup un tourbillon qui obscurcit les cieux, il couvre toute la plaine et dépouille de leur feuillage les arbres dont elle est ombragée. Pour nous, les yeux fermés, nous supportons de notre mieux le fléau envoyé par le ciel. ”
Élisée Reclus,
Histoire d’une montagne
“ Le vent, qui l’amène en tournoyant, lui fait d’abord remplir les creux, puis adoucir tous les angles, déployer sa courbe sur toutes les saillies ; à la montagne âpre, déchirée, sauvage, a succédé une autre montagne aux contours purs et adoucis, aux courbes majestueuses. ”
Jules Verne,
Magasin d’Éducation et de Récréation
“ L’envie nous prend de grimper au sommet. Ascension fatigante. Sur le sol marneux, nu, rendu glissant par la pluie, on n’avance qu’en se cramponnant nerveusement pour ne pas dégringoler dans quelque trou. ”
“ Arbres tristes et fous où l’orage s’accroche, Arbres pareils au défilé de tous les saints, Au défilé de tous les morts Au son des cloches, Arbres qui combattez au Nord Et vents qui déchirez le monde, Ô vos luttes et vos sanglots et vos remords Se débattant et s’engouffrant dans les âmes profondes ! ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Examine les nues dès que le vent les emportera, semblables à des montagnes qui se croisent dans les airs, ou lorsque, sous le calme profond des vents, tu apercevras ces monts immenses entassés les uns sur les autres, et pressés par ceux qui dorment au faîte : alors tu en connaîtras la masse énorme ; Alors tu verras des espèces de cavernes, bâties de rocs suspendus. ”
Alphonse Daudet,
Les Contes du lundi
“ La pluie, qui tasse là-bas de si vilaine boue sur les chemins et creuse des ornières si profondes, n’est plus ici qu’une ondée élégante, aristocratique, avivant la rougeur des briques, le vert des pelouses, lustrant les feuilles des orangers, les plumes blanches des cygnes. Tout reluit, tout est paisible. ”
“ Vos troncs fermes et droits résistent à l’orage, Quand je vois autour d’eux tant d’arbres se briser. Lorsque les feux du soir dorent vos fronts, la terre Où votre ombre descend nous invite à rêver. Le sentier où je passe est toujours solitaire. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes barbares
(1862)
“ La pluie, avec lenteur lavant leurs pâles faces, Aux pentes du terrain fait murmurer ses eaux ; Et par la morne plaine où tourne un vol d’oiseaux Le ciel d’un soir sinistre estompe au loin leurs masses. ”
