Résumé

Genetier Poème plaintif, ou Conseils d'un jardinier… (1840)

Un vol adroitement n'est pas connu forfait, L'ouvrier traîne l'arbre au trépas et le morgue, Le maître aux carrefours cherche le joueur d'orgue, Des travaux journaliers fait le prolongement, Sur vos bêches tenez le doux balancement ; Un manufacturier jamais n'a vu campagne, Il viendra pour nombrer, plus j'en ai plus je gagne, Dans les hommes-de-lettres chacun prend son rang, Soit le gauche et l'honnête, ont le cœur de hareng, La plume et les bureaux nous fournissent la frime, L'un instruit n'est qu'un sot, donne tout à la prime, D'une grange élevée un fourbe a mérité.
Source : Gallica

Genetier Poème plaintif, ou Conseils d'un jardinier… (1840)

Il n'aime que sa brune et son colifichet, Mais la beauté des fleurs nullement l'intéresse, En soignant les couleurs c'est l'argent qu'il caresse; L'autre n'a que le blâme pour vous énoncer, S'il voit la bonne foi, vous la fait renoncer, Pour mieux faire à son aise la dégarniture, Voilà les destructeurs des biens de la culture; Il est vrai que la plume rend l'esprit saillant, L'ami de la nature observe en travaillant, Nous pouvons les laisser dans l'avarice extrême Garder la connaissance en grand soin pour nous-même.
Source : Gallica

Genetier Poème plaintif, ou Conseils d'un jardinier… (1840)

Quand un syndic, ouvrier très honnête, Tire un écrit pour montrer leurs désirs ; Malheur à nous si de la bande rousse, Si l'intérêt les rend secrets mouchards, Ils craignent donc qu'un héritier nous pousse, Amis, prudence, fuyons leurs poignards.
Du sang vainqueur on vole l'héritage ; Du prix des pleurs on enrichit l'État, Du travailleur on forge l'esclavage, Du rapineur on cède à l'attentat, Du fond du cœur, Français, chantons sans cesse Que la justesse à son tour renaîtra, Que l'esprit droit dénote leur bassesse, Le ciel est juste, il les en punira.
Source : Gallica

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