Louis Bouilhet

Élements biographiques

Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet Dernières chansons

Il prit l’enfant divin par ses cheveux bouclés,
Et frémit, au dedans, d’une douleur amère,
À les voir doux et blonds, comme ceux de sa mère.
« Insensé ! » cria-t-il en le poussant plus fort,
« Tu n’es pas assez dieu pour affronter la mort !
Celui qui, d’un seul geste, ébranle l’empyrée,
Le fils prédestiné, sorti des flancs de Rhée,
Ne serait pas le roi de la terre et des cieux,
S’il n’avait de Saturne évité les grands yeux,
En cachant sa faiblesse au fond d’un noir repaire ;
Te crois-tu donc plus fort, issu d’un moindre père ?
Qu’il accoure à ta voix !... »
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Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet Melænis

Qu’un bon gîte la nuit et qu’une fille aimable !
Elle avait sur son cou jeté ses bras de lait :
« Ami, je danserai, si ma danse te plaît,
» Où tes pieds passeront, je baiserai le sable,
» Car tes grands yeux sont doux ! Quand ta bouche parlait,
» Je me sentais mourir ! Oh ! mon âme est blessée
» D’un amour inconnu qui ne s’éteindra pas !
» Parle ! Veux-tu quelqu’un qui s’attache à tes pas ?
» Qui, le jour, qui, la nuit, t’étreigne en sa pensée ?
» Une esclave fidèle, une femme insensée
» Qui donnera son sang pour dormir dans tes bras ? »
» — Je t’aime ! » dit Paulus.
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Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet Œuvres de Louis Bouilhet

Elle est jeune et lascive et ferme sa paupière,
De son regard oblique elle appelle le tien ;
Mais tu ne parais pas entendre sa prière,
Et tu restes pensif, ô Bacchus Lydien !
Elle a beau devant toi se pencher et sourire,
Le temps n’est pas venu de tes transports divins ;
Tu dédaignes, ô roi, l’amante de Zéphyre,
Car la fleur sera morte à la saison des vins.
Il te faut, Iacchus, pour que ton cœur s’allume,
Les thyases dansants sous le ciel étoile,
Tandis qu’un thyrse aux mains, sur le sable qui fume,
Tu fais voler ton char de tigres attelé !
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