Louis Bouilhet,
Dernières chansons
“ Il prit l’enfant divin par ses cheveux bouclés, Et frémit, au dedans, d’une douleur amère, À les voir doux et blonds, comme ceux de sa mère. « Insensé ! » cria-t-il en le poussant plus fort, « Tu n’es pas assez dieu pour affronter la mort ! Celui qui, d’un seul geste, ébranle l’empyrée, Le fils prédestiné, sorti des flancs de Rhée, Ne serait pas le roi de la terre et des cieux, S’il n’avait de Saturne évité les grands yeux, En cachant sa faiblesse au fond d’un noir repaire ; Te crois-tu donc plus fort, issu d’un moindre père ? Qu’il accoure à ta voix !... » ”

