Louis Bouilhet

Louis Bouilhet

Résumé

Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet,  Melænis

“ Qu’un bon gîte la nuit et qu’une fille aimable !
Elle avait sur son cou jeté ses bras de lait :
« Ami, je danserai, si ma danse te plaît,
» Où tes pieds passeront, je baiserai le sable,
» Car tes grands yeux sont doux ! Quand ta bouche parlait,
» Je me sentais mourir ! Oh ! mon âme est blessée
» D’un amour inconnu qui ne s’éteindra pas !
» Parle ! Veux-tu quelqu’un qui s’attache à tes pas ?
» Qui, le jour, qui, la nuit, t’étreigne en sa pensée ?
» Une esclave fidèle, une femme insensée
» Qui donnera son sang pour dormir dans tes bras ? »
» — Je t’aime ! » dit Paulus.
”
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Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet,  Melænis

“ Qu’on voit grandir, la nuit, dans un songe fébrile,
Quand arrive aux vivants la visite des morts.
« Qui m’appelle en ces lieux ? » murmura la sibylle.
« Paulus, » dit une voix qui venait du dehors.
Par un matin joyeux, quand le soleil éclaire
Le grand manteau glacé qui pèse sur l’Etna,
Avez-vous vu parfois un rayon de lumière
Passer, comme un sourire, aux lèvres du cratère ?
Tel, sous ses blancs cheveux, le front de Staphyla
Resplendit tout à coup, quand Paulus lui parla ;
Et lui tendant la main : « Tu peux entrer, dit-elle,
» Nous n’avons pas ici de mystères pour toi
”
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Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet,  Melænis

“ Mais Paulus était sage et suivait son chemin,
Plus sage qu’Hippolyte, à ce que dit l’histoire,
Honorant la vertu comme au temps des aïeux,
— Selon la circonstance et le jour et les lieux ; —
Or, sans se retourner, il fendait l’ombre noire,
Ayant, cette nuit-là, pour défendre sa gloire,
Le besoin de dormir et la crainte des dieux !
Mais, outre le Fatum, la puissance suprême,
La seule déité que l’on n’adore pas,
Tant de dieux opposés s’attachent à nos pas,
Que l’esprit haletant retombe sur lui-même
”
Source : Wikisource

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