Résumé

Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet Œuvres de Louis Bouilhet

Je n’ai plus, dans la nuit, de troupe vagabonde
Qui verse à mon sommeil ses rêves inouïs.
L’odalisque est trop loin, la villa n’a pus d’hôte.
Dans la chambre à Paris, l’amour n’est pas venu,
Aucune femme encor, me suivant côte à côte,
N’a soutenu mon pas, sur les chemins perdu.
Pourtant j’ai rencontré la vierge au doux visage,
La vierge aux cheveux blonds, qui n’a pas oublié.
Toujours, j’ai vu son ombre, à l’heure du naufrage,
Toujours son cœur fidèle, à mes destins lié.
C’était vous ! c’était vous ! ô ma muse ingénue !
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Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet Œuvres de Louis Bouilhet

Et versant à l’entour, les parfums de la nue,
La nuit, la nuit a vu, de ses prunelles d’or,
Ce qu’il faut de baisers et d’ardeur inconnue
Pour rallumer une âme et réchauffer un mort.
Vierge, je ne suis pas le vieux roi centenaire !
Le temps n’a point encor fait blanchir mes cheveux,
À peine quelques jours, j’ai paru sur la terre,
Et je vois mon berceau, quand je tourne les yeux.
Pourtant, comme un vieillard, j’ai l’âme froide et nue,
Voilà que tout mon cœur est éteint maintenant,
Et je m’en vais mourir, car tu n’es pas venue,
Ô brune Abizaïg, ô vierge de Sunam !
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Portrait de Louis Bouilhet Louis Bouilhet Œuvres de Louis Bouilhet

Et m’endormir sur l’onde cadencée
Comme un enfant que l’on berce toujours !
Savez-vous pas, loin de la froide terre,
Là-haut ! là-haut ! dans les plis du ciel bleu,
Un astre d’or, un monde solitaire
Roulant en paix sous le souffle de Dieu ?
— Oh ! je voudrais une planète blonde,
Des cieux nouveaux, d’étranges régions,
Où l’on entend, ainsi qu’un vent sur l’onde,
Glisser la nuit, sous la voûte profonde,
Le char brillant de constellations !
Où fuir ? où fuir ? Par les routes humaines
Le sable est dur et le soleil est lourd.
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