Résumé

D. Pérégrine La fille aux serpents : souvenir des Antilles (1876)

« Partons, partons vite, dis-je à Corah; on est mal ici !
— Tu n'es donc pas venu pour voir Sinnassamy? me dit-elle.
— Eh! que Sinnassamy et tous les serpents aillent au diable ! m'écriai-je avec humeur; assez de folie comme ça.
Viens avec moi. » Elle haussa les épaules avec mépris.
Sans doute elle croyait que j'avais peur.
Une bouffée chaude me monta à la tête avec des pensées de violence. Je ne sais quoi, peut-être la présence d'un ennemi, peut-être le pressentiment d'un bonheur qui allait m'échapper, me rendait presque furieux.
Source : Gallica

D. Pérégrine La fille aux serpents : souvenir des Antilles (1876)

Le plus petit bruit avait une signification pour Corah ; le moindre craquement lui révélait une infinité d'existences, même occultes, qu'elle avait appris à connaître peu à peu. Chaque plante avait ses hôtes, chaque arbre ses familiers; chaque buisson était un gîte, chaque touffe d'herbes un abri. La vie était partout : en haut, sur les cimes que le soleil illuminait, elle éclatait en gazouillements ; en bas, dans des profondeurs humides où la lumière ne pénétrait pas, elle grouillait.
A ce monde d'êtres la forêt offrait l'asile impénétrable de ses taillis, la retraite sûre de ses halliers
Source : Gallica

D. Pérégrine La fille aux serpents : souvenir des Antilles (1876)

Quand je sortis des roseaux où j'étais blotti, mes tempes battaient avec violence, et j'aspirais avidement après l'air, la lumière et l'espace. Il me semblait que j'avais été sur le point d'étouffer. Les
exhalaisons miasmatiques du lac me poursuivaient, et pour y échapper je me mis à courir vers un endroit élevé d'où l'on pouvait voir toute la savane.
Corah n'arrivait pas. L'attente commençait à me peser cruellement. Des moustiques, qui s'acharnaient après moi, m'impatientaient.
Source : Gallica

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