“ Les branches des taillis s’enlaçaient plus étroitement, se présentaient à lui, rigides comme des tiges d’airain. Les feuilles sèches s’amassaient dans les vallons ; les troncs d’arbres abattus se mettaient en travers des sentiers ; les rochers roulaient d’eux-mêmes au-devant du prince. L’insecte le piquait au talon ; le papillon l’aveuglait en battant des ailes à ses paupières. Fleur-des-eaux, sans le voir, sans l’entendre, fuyait toujours sur le rayon de lune. Simplice sentait avec angoisse venir l’instant où elle allait disparaître. ”
Émile Zola
Résumé
“Une farce”, est une œuvre de Émile Zola. Des thèmes tels que Fleur-des-eaux, Planchet ou Simplice y sont abordés.
Citations de Une farce (Émile Zola)
“ L’homme savant rêvait de se faire un nom dans les sciences en découvrant quelque plante encore inconnue. Il furetait dans tous les coins, et découvrait des orties et du chiendent. Arrivés au bord de la source, ils trouvèrent le cadavre de Simplice. Le prince souriait dans le sommeil de la mort. Ses pieds s’abandonnaient au flot, sa tête reposait sur le gazon de la rive. Il pressait sur les lèvres, à jamais fermées, une petite fleur blanche et rose, d’une exquise délicatesse et d’un parfum pénétrant. — Le pauvre fou ! dit l’homme d’esprit, il aura voulu cueillir un bouquet, et se sera noyé. ”
“ À l’entendre, il a déjà couché dix hommes sur l’herbe, toujours pour des affaires de femmes. Il faut l’écouter raconter chaque duel avec des détails effrayants. Il a embroché l’un de part en part ; il a fendu le nez à l’autre ; il a crevé les deux yeux à un troisième. Chaque fois, c’est un raffinement de vengeance à donner froid au plus brave. Et, pendant ce temps, Louise affecte de chercher la main de Planchet, ou bien elle lui jette une jambe en travers des siennes. Le malheureux, grelottant de peur, a beau se reculer. Il ne veut pas paraître trop lâche, il tient bon. ”
