Achille Mélandri

Achille Mélandri

Résumé

Portrait de Achille Mélandri Achille Mélandri Les Farfadets

Les bruyères et les marjolaines reçurent son tiède baiser d’adieu.
Puis, une à une, les étoiles clairettes se mirent à contempler la terre.
Le pâtre doubla le pas, n’osant regarder en arrière. Il entendait la voix des oiseaux qui s’enfuyaient à tire d’aile, loin des voûtes enténébrées de la forêt.
« Malheur ! malheur ! » glapissait la mésange.
« Hélas ! hélas ! » clamait le grillon.
Et voilà que comme il débouchait au carrefour de la Croix-qui-Penche, le Bos vit voler à sa rencontre le sphinx-tête-de-mort, un grand papillon de nuit aussi large que les souris chauves.
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Portrait de Achille Mélandri Achille Mélandri Les Farfadets

« Et les pauvres genoux s’entre-choquent comme des os de pendu quand souffle la rafale. Au diable la vie ! Est-ce que les filles savent attendre maintenant ?... Eh ! ne monte-t-il pas des herbes foulées un parfum puissant qui leur met le trouble au cœur ? Farfadets maudits, voilà votre ouvrage... ! »
Et le pâtre que les vieillards appellent l’Ancien, et que les autres hommes ont surnommé le Fou, s’égare à travers les halliers.
Insoucieux de la pluie qui tombe ou des chaleurs torrides, il bat le pays de mont en plaine, de val en forêt.
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Portrait de Achille Mélandri Achille Mélandri Les Farfadets

Or, mes amis, ce que vit le sorcier Bos, cette nuit-là, était un spectacle trop terrible pour des yeux humains.
Car, pour en comprendre l’horreur, il est nécessaire d’avoir deviné l’esprit des choses.
Il faut savoir comme le sylvestre vieillard cet admirable langage que murmurent les feuillages remués, l’eau qui sourd, l’insecte qui vole.
On doit, avant de pouvoir en pénétrer le mystère, s’être perdu durant de longues heures dans cette forêt : une touffe d’herbe : avoir eu le
de petits gnomes brunsvertige à regarder cet océan : une goutte d’eau
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