Résumé

Paul Barbier Pays natal. Gerbe beauceronne, poésies (1889)

Toute la plaine est blanche, Comme un grand voile blanc et comme un blanc linceul; Le ciel bas et brumeux vers l'horizon se penche; Nul bruit. Sur les sillons, le vent gémit tout seul.
Les corbeaux effarés volent sous les nuages, L'aile lasse et cherchant de leurs yeux effrayés Si, sur cet océan houleux et sans rivages, Ils ne trouveront pas où reposer leurs pieds.
Hier, quand le soir vint, la terre était dans l'ombre, De l'ombre sur son front, de l'ombre sur ses flancs, Et l'on ne sait comment la Nuit, ce spectre sombre, A, de ses noires mains, semé ces flocons blancs.
Source : Gallica

Paul Barbier Pays natal. Gerbe beauceronne, poésies (1889)

Que chaque haut-fourneau s'allume, Que les marteaux frappent l'enclume, Qu'on forge l'acier sans repos : Je veux qu'à l'heure des alarmes, Tous mes fils, couverts de leurs armes, Se rangent sous mes fiers drapeaux !
Le peuple a dit : Salut, aurore ! je vivais perdu dans la nuit, Mais enfin l'horizon se dore, Et sur mon front un astre luit ! Invention d'hommes infâmes, C'est la foi qui tuait les âmes, La foi, spectre des noirs psautiers : L'Eglise est hypocrite et folle ; Gloire désormais à l'école, Ce vrai flambeau de mes sentiers !
Source : Gallica

Paul Barbier Pays natal. Gerbe beauceronne, poésies (1889)

O toi, qu'on adora sous le nom de Cybèle, Terre, mère à la fois si féconde et si belle, Toi du vieil univers le coeur et le milieu, Berceau, tombe de l'homme et piédestal de Dieu, Salut ! Je t'aime, ô mère, et devant toi j'incline Ce front où l'âme a mis une flamme divine !
Les autres éléments, quelquefois nos amis, Deviennent trop souvent nos pires ennemis. L'eau des perfides mers bat les sombres rivages. Déchaîné dans le ciel avec des cris sauvages, L'air ému, devenu tout à coup l'aquilon, Fait trembler de frayeur la plaine et le vallon.
Source : Gallica

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