Paul Barbier

Élements biographiques

Paul Barbier Vie de saint Hilaire : évêque de Poitiers… (1887)

Un autre jour, l'évêque de Poitiers vit venir vers lui sa fille bien-aimée. Il la reconnut à peine. Abra portait sur son jeune et gracieux visage les signes visibles d'une profonde tristesse. Leurs yeux se rencontrèrent : Hilaire devina que la vierge avait pleuré.
« Qu'avez-vous donc, mon enfant? » dit le vieillard, ému jusqu'au fond de l'âme.
Abra rougit. Puis, élevant la voix : « Mon père, dit-elle, je voudrais mourir!. Mes amours ne sont pas sur la terre. Quand donc rejoindrai-je Celui à qui je me suis donnée, l'époux éternel qui m'attend là-haut? »
Source : Gallica

Paul Barbier Pays natal. Gerbe beauceronne, poésies (1889)

Que chaque haut-fourneau s'allume, Que les marteaux frappent l'enclume, Qu'on forge l'acier sans repos : Je veux qu'à l'heure des alarmes, Tous mes fils, couverts de leurs armes, Se rangent sous mes fiers drapeaux !
Le peuple a dit : Salut, aurore ! je vivais perdu dans la nuit, Mais enfin l'horizon se dore, Et sur mon front un astre luit ! Invention d'hommes infâmes, C'est la foi qui tuait les âmes, La foi, spectre des noirs psautiers : L'Eglise est hypocrite et folle ; Gloire désormais à l'école, Ce vrai flambeau de mes sentiers !
Source : Gallica

Paul Barbier Vie de saint Hilaire : évêque de Poitiers… (1887)

Evêque ! ce mot éveillait dans l'esprit d'Hilaire l'idée de la plus haute magistrature et des plus graves obligations. Le pontife, à ses yeux, était un prince, un prince pour la dignité et les vertus. Pureté de vie et savoir, il devait avoir, selon lui, cette double auréole et ce double prestige. « Le saint, s'il n'est savant, disait-il, ne rend de service qu'à luimême; et s'il n'est saint, le savant n'a qu'une science sans autorité. La vertu est le plus bel ornement du savoir, et le savoir, le plus bel ornement de la vertu 3. »
Source : Gallica

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