Résumé

Paul Barbier Vie de saint Hilaire : évêque de Poitiers… (1887)

Un autre jour, l'évêque de Poitiers vit venir vers lui sa fille bien-aimée. Il la reconnut à peine. Abra portait sur son jeune et gracieux visage les signes visibles d'une profonde tristesse. Leurs yeux se rencontrèrent : Hilaire devina que la vierge avait pleuré.
« Qu'avez-vous donc, mon enfant? » dit le vieillard, ému jusqu'au fond de l'âme.
Abra rougit. Puis, élevant la voix : « Mon père, dit-elle, je voudrais mourir!. Mes amours ne sont pas sur la terre. Quand donc rejoindrai-je Celui à qui je me suis donnée, l'époux éternel qui m'attend là-haut? »
Source : Gallica

Paul Barbier Vie de saint Hilaire : évêque de Poitiers… (1887)

Evêque ! ce mot éveillait dans l'esprit d'Hilaire l'idée de la plus haute magistrature et des plus graves obligations. Le pontife, à ses yeux, était un prince, un prince pour la dignité et les vertus. Pureté de vie et savoir, il devait avoir, selon lui, cette double auréole et ce double prestige. « Le saint, s'il n'est savant, disait-il, ne rend de service qu'à luimême; et s'il n'est saint, le savant n'a qu'une science sans autorité. La vertu est le plus bel ornement du savoir, et le savoir, le plus bel ornement de la vertu 3. »
Source : Gallica

Paul Barbier Vie de saint Hilaire : évêque de Poitiers… (1887)

Pour tuer cet amour, il faut tuer l'homme, et encore est-il si vivace, qu'il doit subsister au delà de la tombe.
Le vieil évêque proscrit, époux et père, ne pouvait donc oublier, si loin qu'il fût d'elles, cette épouse et cette fille chérie qu'il avait laissées sur la terre des Gaules. Quand il pensait à ces êtres bien-aimés, son cœur robuste s'attendrissait, et des larmes roulaient dans ses yeux.
Aussi fut-ce un beau jour pour lui que le jour où les messagers lui remirent des lettres de Poitiers et où il put lire, écrits de leur propre main, leurs deux noms. Chères lettres !
Source : Gallica

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