Résumé

Emmanuel Vitte Les Voix profondes, par Emmanuel Vitte (1917)

Je n'entrevoyais rien de plus doux sur la terre, Qu'un prêtre de mon sang, montant au saint autel, Qui serait à la fois et mon fils et mon père, Et me romprait le pain de l'Amour éternel. Est-il rêve plus doux et plus beau sur la terre?
Dieu m'a pris mon enfant. Mon rêve s'est enfui. L'atmosphère est obscure où mon esprit s'égare. Daignez, Seigneur, daignez vous montrer dans ma nuit ! Ne vous offensez pas, Vous qui pleuriez Lazare, Que ma douleur s'attarde à mon beau rêve enfui !
Si mon coeur est saignant comme, au pressoir, la grappe,
Il n'y a, dans ce coeur, ni haine ni courroux !
Source : Gallica

Emmanuel Vitte Les Voix profondes, par Emmanuel Vitte (1917)

Comme un oiseau de rêve au formidable essor, De lumière éclatante illuminant sa trace, J'aime voir le soleil s'élancer dans l'espace, D'un flot de pourpre et d'or.
J'aime le nid qui chante, au réveil dé l'aurore, La plante, où la rosée a mis ses diamants, Et l'arbre qui s'emplit de longs frissonnements, Sous la brise sonore.
J'aime la route ombreuse et la prairie en fleurs, Et le rayon doré, jouant avec la branche, Et le vieux clocher gris, d'où l'angélus s'épanche, Comme une voix en pleurs.
Source : Gallica

Emmanuel Vitte Les Voix profondes, par Emmanuel Vitte (1917)

Nos yeux ne verront plus ton vaisseau formidable, Que caressait l'aurore et que dorait le soir, Et qui fut, aux vieux jours, l'asile inviolable, Où nos pères venaient retremper leur espoir.
Tu ne dresseras plus ta façade historique, Que peuplaient des milliers de héros et de saints, Où les couleurs jouaient au vitrail symbolique, Où couraient à plaisir d'harmonieux dessins.
Ah ! s'il est sur la terre une offense exécrée, S'il est un sacrilège à révolter les cieux, N'est-ce pas d'abolir l'oeuvre à jamais sacrée Oui dit l'âme d'un peuple et chante les aïeux?
Source : Gallica

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