Résumé

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Le Crépuscule des nymphes

Un soir, comme elle s’éveillait à peine et songeait à reprendre son rêve parce qu’un long fleuve de jour jaune luisait encore derrière la nuit de la forêt, son attention fut attirée par le bruit des roseaux près d’elle, et elle vit l’apparition d’un Cygne.
Le bel oiseau était blanc comme une femme, splendide et rose comme la lumière, et rayonnant comme un nuage. Il semblait l’idée même du ciel de midi, sa forme, son essence ailée. C’est pourquoi il se nommait Dzeus.
Lêda le fut considérer, qui volait en marchant un peu. De loin, il tournait autour de la nymphe, et la regardait de côté.
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Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Le Crépuscule des nymphes

Et dans ses yeux, si bruns et si clairs tout ensemble, une telle fierté se laissait voir, qu’elle parut à tous être la princesse de Krête, Ariane, fille de Minos, et petite-fille du Soleil.
Elle fit un signe : Thésée s’approcha. Elle fit un autre signe : les autres s’écartèrent et revinrent un peu sur leurs pas, jusqu’à une trouée de flamme qui venait du plus rouge occident.
Elle, haletante encore et les joues chaudes, sourit en fermant les paupières à demi. Elle étendit les bras, écarta sur les tempes du Héros ses boucles noires trop amassées...
« Tu es beau », dit-elle avec joie.
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Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Le Crépuscule des nymphes

Il s’agit de votre bonheur à vous, je vous le jure par vos beaux cheveux que j’ai vu croître, par vos beaux yeux que j’ai tant de fois endormis, par votre belle bouche que j’ai nourrie quand vous étiez toute nue en mes bras comme un petit Erôs de cire. Danaë ! Danaë ! ne descendez pas cette marche, n’entrez pas dans cette cave, n’ouvrez pas les portes ici, ne touchez pas aux serrures, ne tournez pas les clefs d’airain ! C’est votre malheur qui est là ; c’est la douleur de votre vie. Quand on connaît son malheur, il faut l’oublier pour toujours !
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