“ Mais il est clair comme le jour que M. Snagsby est le père de ce drôle-là. « Que la paix soit avec nous ! dit M. Chadband en se levant et en essuyant l’exsudation huileuse qui couvre son visage. Que la paix soit avec nous ! et pourquoi cela, mes amis ? parce qu’elle n’est pas faite pour endurcir, mais qu’elle est faite pour attendrir ; parce qu’elle ne déclare pas la guerre comme l’oiseau de proie, mais qu’elle vient à nous comme la colombe. C’est pourquoi je vous répète, mes amis : Que la paix soit avec nous ! Avancez, jeune garçon ! » ”
Charles Dickens
Résumé
La Maison d'Âpre-Vent, neuvième roman de Charles Dickens, publié en 1853, dénonce avec acuité les absurdités du système judiciaire anglais à travers l'affaire Jarndyce contre Jarndyce, un procès sans fin. Structuré autour de deux narrateurs – l'omniscient et Esther Summerson, héritière de mystères familiaux –, l'œuvre explore les thèmes de l'injustice sociale, de l'identité et des privilèges.
Les personnages principaux, tels que Lady Dedlock, John Jarndyce et Richard Carstone, incarnent les tensions entre le monde des élites et les souffrances des classes défavorisées. Dickens, en employant un style satirique et une double perspective, critique la bureaucratie de la Chancellerie, influençant les réformes judiciaires du XIXe siècle. Ce « roman charnière » reste l'un de ses œuvres les plus abouties et innovantes.
Citations de Bleak-House (Charles Dickens)
“ « Vous êtes un particulier qui me connaissez et que je connais. — Avez-vous appris quelque chose de nouveau, Bucket ? demande le baronnet. Souhaiteriez-vous d’avoir avec moi quelque entretien particulier ? — Mais, pas aujourd’hui, sir Leicester Dedlock. — Vous savez que je suis complétement à votre disposition, dans le but de venger la majesté des lois indignement outragée. » M. Bucket regarde Volumnia et tousse d’un air qui semble émettre cette opinion respectueuse : « Vous êtes charmante, en vérité ; j’ai vu des centaines de femmes qui à votre âge étaient infiniment plus mal que vous. » ”
“ N’est-ce pas, tuteur, que vous ne croyez pas qu’il soit coupable ! — Assurément non, chère Esther, répondit-il ; un homme que j’ai toujours vu si franc et si bon ; qui joint à une force athlétique la douceur d’un enfant ; un homme à la fois courageux et sensible, capable d’un tel crime ! Non, non, je ne pourrai jamais le croire. — Ni moi non plus, ajouta M. Woodcourt ; et cependant, quelle que soit la certitude que nous ayons de son innocence, on ne peut pas se dissimuler qu’il s’élève contre lui des charges d’une extrême gravité. ”
