“ Vous auriez vu, en outre, combien la part de M. Richard Carstone et de miss Éva Clare, épouse Carstone, s’est accrue par cette dernière volonté du testateur. — Kenge, répondit M. Jarndyce, je serais heureux que toute la fortune que ce procès a mise en question devant cette odieuse cour, pût échoir à mes deux jeunes parents ; mais ne vous flattez pas de me persuader jamais qu’il puisse sortir le moindre bien de ce monstrueux procès. — Préjugé ! monsieur Jarndyce, préjugé ! C’est un grand pays que le nôtre, mon cher monsieur, un grand pays ”
Richard Carstone
Définition et enjeux
Citations sur “Richard Carstone”
“ M. Jarndyce avait écrit à l’un des membres de la famille, au baron sir Leicester Dedlock, pour qu’il s’intéressât en faveur de Richard, et sir Leicester avait répondu gracieusement : « Qu’il serait heureux de faire quelque chose pour M. Carstone, si toutefois c’était en son pouvoir, ce dont malheureusement il n’entrevoyait pas la probabilité ; que milady envoyait ses compliments à ce jeune homme (à qui elle se souvenait parfaitement d’être unie par des liens de famille éloignés) et avait la ferme confiance qu’il ferait son devoir dans quelque profession honorable qu’il lui plût d’embrasser. » ”
“ Je dois non-seulement à la famille de M. Carstone de m’exprimer sans réserve ; mais cette franchise m’est encore et surtout commandée par le soin que je dois prendre de ma réputation, qui m’est précieuse comme à tout homme respectable ; précieuse à mes trois filles, dont je tiens à préparer l’avenir ; précieuse à mon vieux père, que j’ai le privilége de soutenir. — Ce serait bien le plus heureux et le meilleur de tous les mariages, monsieur Vholes, si on pouvait persuader à Richard d’abandonner ce procès fatal. ”
“ J’ai promis à M. Carstone de lui faire savoir toutes les fois que la chancellerie s’occuperait de son procès ; et n’ayant été informé qu’après le départ du courrier que l’affaire Jarndyce serait appelée demain à l’audience, j’ai pris la voiture ce matin pour en conférer avec lui. — Ah ! dit Richard qui triomphait, c’est que nous ne traitons pas les affaires avec la lenteur qu’on y mettait jadis ; il faut que ça marche avec nous. Monsieur Vholes, je vais me procurer n’importe quel véhicule afin d’aller rejoindre la malle, que nous prendrons ce soir même. ”
non signé, Revue des Deux Mondes
“ Ici l’air pur, le chant des oiseaux, les rayons du matin qui percent les vapeurs des marécages, la fraîcheur des douces matinées d’octobre, et la douce chaleur du printemps ; là un ciel de fantaisie, un soleil de théâtre, une nature brillante, mais factice, décoration bien faite qui plaît aux yeux, mais qu’il ne faut pas regarder long-temps ni examiner de trop près. Les trois personnages principaux du roman de M. Karr, ingénieusement groupés, ont un charme inexprimable. Richard est l’homme positif, et de plus l’homme heureux. Ses fautes même lui réussissent. ”
Alphonse Karr,
Les Soirées de Sainte-Adresse, par Alphonse Karr
(1853)
“ Il forma alors une société d'actions pour faire un chemin de fer — allant d'un endroit où personne ne demeurait à un endroit où personne n'allait. Richard supprima trois domestiques, et vendit deux des trois chevaux qu'il possédait. Il se consolait de tout cela en faisant apprendre à ses musiciens de nouvelles symphonies, en pêchant à la ligne, en allant herboriser dans les bois qui avoisinaient la maison du tailleur, et où il rencontrait par un hasard fréquent et régulier la belle Vilhelmine. ”
Alphonse Karr,
Les Soirées de Sainte-Adresse, par Alphonse Karr
(1853)
“ Ne te désespère pas, Richard ; il est impossible que Dieu n'ait pas pitié de nous. — Wilhem, dit Richard, où est ma femme? — Je l'ai forcée de prendre un peu de repos. La pauvre femme a les yeux brûlés par les veilles. — Et toi aussi, mon pauvre Wilhem, tu dois être bien fatigué. Et Richard s'efforça d'étouffer un cri. — Comment, se dit Wilhem, Dieu ne m'entend pas; les cris de douleur de ce malheureux et les cris de mon coeur n'arrivent pas jusqu'à lui ! Je ne puis résister davantage, je ne puis le voir souffrir. Que faire, qu'inventer ? ”
Alphonse Karr,
Les Soirées de Sainte-Adresse, par Alphonse Karr
(1853)
“ Il arriva qu'un sentiment qui lui remplit tout le coeur vint le distraire de ses sombres pensées. Il devint amoureux d'une jeune fille douce et belle; tout à son amour, il ne songea plus au diable, et ne s'occupa que de sa jolie Claire. Richard et sa femme se réjouissaient de le voir heureux, car c'était tout ce qui manquait à leur bonheur. La veille du mariage, Wilhem et Claire s'étaient assis sous les branches de quelques saules qui bordaient la rive, le soleil descendait à l'horizon sous des nuages sombres, et ses rayons leur faisaient une belle frange d'or et de pourpre. ”
Maxime Du Camp,
L'homme au bracelet d'or
(1862)
“ En prononçant ces derniers mots, sa voix s'était détendue : l'émotion le gagnait et assouplissait, mal- gré lui, la première raideur de son orgueil blessé. J'avais repris ma place sur le canapé, et je ne parlais plus. Richard travaillait d'une façon agitée; il modelait à tort et à travers, soufflant sourdement, comme si sa poitrine eût été écrasée par une oppression trop lourde. Longtemps nous gardâmes le silence; tout à coup Richard le rompit par un juron terrible, et, jetant son ébauchoir contre la muraille, il s'écria : — Ah! le gredin ! ”
Octave Uzanne,
Caprices d'un Bibliophile
“ Richard se jette à bourse pleine dans sa nouvelle passion, il y met autant de fougue, autant d'activité que s'il se lançait dans une opération commerciale d'un nouveau genre, il redevient très affairé et ne prend pas le loisir de contempler ni de digérer ses achats; d'immenses desiderata le provoquent sans cesse, il achète, il achète toujours, il achète encore, mais il ignore la douce joie de conquérir. La gloire des Mac-Carthy, des Didot, des Yeméniz, des Giraud, des Pixericourt, des Soleinne l'empêche de dormir. ”
Madame Carroy, Les enfants du vieux marin, ou La leçon paternelle (1836)
“ Mais au milieu du plaisir même qu'on éprouve à s'applaudir en silence de sa conduite, on 9 206 LES ENFANTS gémit souvent de penser qu'on afflige un père en lui enlevant un espoir déçu par une apparence trompeuse. Ne serait-il pas possible, dit Richard , de tout concilier, en déposant dans son sein le secret d'Armand? — Non, reprit vivement Jules, cette confidence ne peut avoir lieu, parce que, voyezvous Richard, il ne m'appartient pas de divulguer la misère de celui que j'oblige et, non plus de prôner les bienfaits que mon coeur me dicte. ”
“ Rick, s’écria M. Jarndyce avec une terreur subite et d’une voix altérée ; au nom du ciel ! n’attendez rien de ce qui fut toujours une malédiction pour la famille ; quelle que soit la route que vous parcouriez ici-bas, Richard, détournez vos yeux de l’horrible fantôme qui vous attire ; il vaudrait mieux emprunter ou mendier, il vaudrait mieux mourir que de le suivre ! ”
“ Un homme tenant une lanterne d’une main et de l’autre la bride d’un cheval horriblement maigre, se trouvait au sommet de la colline ; je vois encore les deux voyageurs, assis côte à côte au fond du cabriolet ; Richard, l’œil en feu, le rire aux lèvres, prenant les rênes et agitant son fouet en nous saluant avec ivresse ; M. Vholes, impassible, ganté de noir et boutonné jusqu’au menton, regardant Richard comme le serpent regarde sa proie. ”
“ Richard, dont il ne détournait pas les yeux, était pâle, amaigri ; négligé dans sa toilette jusqu’à la malpropreté, distrait dans ses manières, faisant de temps à autre un effort pour dire quelques paroles et retombant aussitôt dans un morne silence. Son regard, autrefois si joyeux et si vif, était inquiet et morne, ou, s’il perdait parfois sa langueur, c’était pour briller d’un éclat fébrile. Je ne peux pas dire qu’il eût vieilli ; la jeunesse a des ruines qui ne ressemblent pas à celles des années. Mais la beauté de Richard, sa verve, sa gaieté juvéniles, tout avait disparu. ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Richard se mit à rire et saisit son épée : il crut d'abord que c'était un jeu des brigands pour l'épouvanter ; il frappait autour de lui, mais aucun coup ne portait. Il ne recevait aucun mal des lutins ; il leur était défendu de lui en faire : le génie qui protégeait Richard avait menacé Minucieuse de lui faire tomber les dents, et de la rendre éternellement chassieuse, si elle portait sa vengeance jusqu'à attenter à ses jours ; il ne lui était permis que de l'inquiéter, et d'essayer à lui faire perdre le nom de sans peur. ”
Maxime Du Camp,
L'homme au bracelet d'or
(1862)
“ Tu auras beau imaginer, lui dit-il: avec un pot cassé, tu ne feras jamais un pot neuf. — Richard mit un peu de retenue dans sa conduite, mais il ne put se décider à rompre. Il lui était insupportable que sa maîtresse continuât de poser, il le lui défendit ; mais il fallut alors subvenir à ses besoins : il fit quelques dettes et travailla de nouveau pour les marchands de bronze; parfois il restait une semaine sans paraître à l'atelier. On raconta un jour à Pradier qu'on avait vu Richard debout sur un échafaudage et sculptant un dessus de porte sur un hôtel du faubourg SaintHonoré. ”
Joseph-Adrien Le Roi, Coup d'oeil rétrospectif sur quelques faits historiques de l'horticulture versaillaise (1864)
“ Richard n'avait aucune fortune, et cependant il ne pouvait laisser périr ces belles collections qui faisaientl'admiration des amateurs. Il redouble alors d'énergie et de courage, s'impose les plus dures privations, se réfugie, lui et sa famille, dans un coin de ses serres-chaudes, et, comme le dit si bien l'abbé Caron, fait du foyer de leurs fourneaux le foyer de sa famille. Le succès vint bientôt couronner ses efforts: tout prospère et se perfectionne sous son habile main, et la renommée proclame ses talents et ses heureux résultats. ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Richard, Richard, s'écrie le cadavre en s'asseyant, une femme morte vous fait peur, vous à qui les génies ni les brigands n'ont jamais inspiré de crainte. — Hélas ! dit Richard, ce n'est pas la crainte qui m'agite, c'est l'espoir de te voir encore faire ma félicité. Ciel ! est-il possible que tu respires ! quoi ! ta mort ne serait qu'une illusion! — Ton Éléonore n'était qu'évanouie, dit-elle, le ciel nous réserve encore des jours heureux ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Mais revenons aux exploits de Richard : il aimait beaucoup la forêt où il avait déjà trouvé un si grand nombre d'aventures. Un jour qu'il la traversait, il entra dans une chapelle, et vit un mort qu'on y avait exposé : Richard était pieux, il se mit à genoux, et pria l'Être suprême de faire grâce à l'âme de cet homme, et il sortit. A peine était-il remonté à cheval, qu'il sentit quelqu'un s'élancer sur la croupe ; il se retourne et se voit embrassé par un homme nu. ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Vers le point du jour Richard entendit du bruit dans le cercueil, un rayon d'espérance ranime ses sens, il se lève, mais le cercueil éclata de toutes parts avec un fracas horrible, le cadavre jette un cri qui fait retentir toute la forêt. L'intrépide Richard admire et ne s'effraye point ; mais, par un mouvement naturel, met l'épée à la main. ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Richard, tranquille et de sang-froid, commença de chanter et de crier comme eux. Désespérés de n'avoir pu l'ébranler, ils saisirent son chien, l'enlevèrent dans les airs, et le déchirèrent. Richard, fut très-sensible à sa mort, et son plus grand chagrin fut de ne pouvoir se venger. Le génie ne se rebuta pas ; il résolut de prendre des moyens plus détournés, et que Richard ne pût pas suspecter ; il renvoya les lutins, monta sur un arbre, et se changea en enfant nouveau-né : il se coucha dans un nid de tourterelles, et lorsque l'aurore parut, il se mit à pleurer. ”
Barthélemy Hauréau,
Notices et extraits de quelques manuscrits latins de la Bibliothèque nationale…
(1890-1893)
“ Il est anonyme, comme il l'est ici, dans notre n° 14517 (fol. 56) , dans le n° 24 de Dijon et dans le n° 445 de Grenoble ; mais Richard est l'auteur nommé dans ies nos 15732 (fol. 167) et 18117 (fol. 176) , et cette attribution doit être admise avec une entière sécurité. Si la langue de Richard n'est pas sans rapport avec celle des autres mystiques de son école, elle a néanmoins certaines formes particulières. Les pensées originales lui manquent ; mais c'est un écrivain soigneux de son style et, de plus, largement doué par la nature de ce qu'on appelle le talent. Il n'est jamais commun. ”
“ Aussi, quand un chariot, dont le magnifique attelage, harnaché de rouge et grelots au collier, passa près de nous en faisant retentir son joyeux carillon, nous fûmes sur le point de joindre notre voix à celle des clochettes, tant l’influence vivifiante des lieux que nous traversions excitait notre gaieté. « Cette route, dit Richard, me rappelle mon homonyme Wittington [1] ; mais le chariot s’arrête, est-ce à nous qu’on veut parler ? » ”
“ L’affaire, remise de semaine en semaine, avait donné lieu à des référés, à des pétitions, à des rapports sans nombre, au point que Richard en vint lui-même à nous dire que si jamais il entrait dans l’armée, ce serait comme vétéran, après la soixantaine. Enfin, rendez-vous lui fut donné dans le cabinet particulier du grand chancelier, où milord lui reprocha sévèrement de perdre son temps et de ne pas savoir prendre une décision. « Bonne plaisanterie de la part de ces gens-là, nous dit Richard, que de parler de temps perdu et de décision à prendre. » ”
“ « J’aperçois une perspective enchanteresse, un horizon magique ; voyez-vous au loin ces nuages d’or que nous pouvons saisir et vers lesquels je bondis à travers la vallée ? — Du tout, répond le brave homme en frappant notre enthousiaste de son livre de compte, il n’y a là-bas qu’honoraires, fraude, perruques et robes noires. » Quelle chute douloureuse pour notre pauvre Richard ! ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ L'Anglais était sombre, exigeant et sévère. Richard était modeste, semblait ignorer son mérite, et parut étonné que Clarice eût entendu parler de ses exploits. L'Anglais ne cessait de vanter les siens et les exagérait à sa maîtresse. Les femmes ont un instinct singulier pour apprécier les bonnes ou les mauvaises qualités de leurs amants. Si leur coeur se trompe souvent lorsqu'il se donne, leur esprit n'est jamais en défaut lorsqu'il nous juge. Le parallèle que Clarice fit de Richard et de l'Amoureux de Galles lui fit voir dans ce dernier tous les défauts qu'elle n'avait fait qu'apercevoir ”
Édouard Richard, Acadie/Tome I
“ Il semble que Richard veuille faire un mystère de ses sources de renseignements. Or, cela est intolérable, de nos jours surtout où l’on exige de l’historien qu’il produise ouvertement ses preuves, qu’il joue « carte sur table ». Trop souvent aussi à l’entendre, l’on serait fondé à croire qu’il donne de l’inédit, qu’il travaille sur une matière encore inexploitée, quand les documents dont il se sert ont été publiés dans le Canada-Français, ou dans les Appendices aux ouvrages de Parkman, ou ailleurs. ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Richard demanda qui ils étaient. « Des paladins, répondit l'étranger, qui ne craignent guère votre intrépidité, et qui certainement vous feront trembler. — Jeune homme, s'écria Richard, sais-tu que tu me donnes envie de les attaquer, pour te prouver que je ne les crains pas ? — Il n'est pas temps encore, lui dit l'inconnu, réservez votre courage pour une meilleure occasion. » Toute la vengeance que la fée Minucieuse voulait tirer de Richard consistait à lui faire perdre son nom d'intrépide ; le génie Brudner s'y était engagé, mais ses ruses et ses efforts avaient toujours échoué. ”
Histoire de Robert le Diable ; suivie de Richard sans Peur… (1862)
“ Il arrive sur le port et ne tarde point à voir paraître le géant : il avait douze pieds de haut, c'est-à-dire, six de plus que Richard : le duc ne fut point effrayé de sa taille : « Arrête, lui dit-il, prépare-toi au combat, ou rends-toi mon prisonnier. » Le géant le regarda avec mépris, et agita dans les airs le tronc d'un gros chêne qui lui servait de massue. « De quel droit, continua-t-il, empêches-tu les chrétiens d'aborder à Jérusalem et les massacres-tu ? » Le géant, sans daigner lui répondre, laisse tomber sa lourde massue sur Richard, dont l'écu se trouva fracassé, il tomba lui-même. ”
