“ Georges fit un mouvement; le gouverneur le retint.—J'ose répéter, dit Sara, en répondant par un regard de suprême mépris au geste de son cousin, ce que j'ai dit à M. Georges. La vie qu'il m'a sauvée lui appartient, et je ne serai jamais à un autre que lui.Et, à ces mots, avec un geste à la fois plein de grâce et de dignité, avec un geste de reine, elle étendit la main vers Georges, qui s'inclina sur cette main et y déposa un baiser.—Ah! c'en est trop!... s'écria Henri en levant une badine qu'il tenait à la main.Mais, de même que lord Williams Murrey avait arrêté Georges, il arrêta Henri. ”
M. Georges
Définition et enjeux
Citations sur “M. Georges”
“ M. Georges a cinquante ans ; c’est un homme grand, bien fait, qui a la figure ouverte, l’air franc et bon, le teint brun, les cheveux noirs et frisés, les yeux brillants, la poitrine large, et dont les mains nerveuses, bronzées par le soleil, ont évidemment servi à des travaux assez rudes. Il s’assied sur le bord de sa chaise, comme pour laisser derrière lui, par suite d’une longue habitude, un espace suffisant pour contenir quelque sac ou portemanteau dont il s’est déchargé là. ”
Anna Blanc, Falkland (1855)
“ Georges, pardon! Votre âme ardente m'épouvante ; mais non , vous êtes homme ! La force, le courage ne sont-ils pas essentiellement de votre nature? Georges, laissez-moi accomplir mon devoir ! car je suis faible, je le sens ! j'ai beau faire la forte et la courageuse, je vous le dirai à vous, là, bien bas. Oh ! non, je ne le suis pas ! J'ai le coeur tout brisé. Cela passera-t-il ? mon Dieu ! Oui, n'est-ce pas? Georges, et je vous oublierai pour lui. Je ne songerai plus à vous ! Dieu me le défendra, et de même de vous ! et la vie coulera ainsi, puis la mort... ”
“ Nous avons cinquante ans de haine entre nous ; venez, venez, il est temps que nous fassions nos comptes ! — Bien, mon père ! bien ! s’écria Georges en se relevant sur son coude et en regardant le vieillard d’un œil fiévreux ; bien ! je vous reconnais. — Eh bien ! oui ! aux grands bois, dit-il, et nous verrons s’ils osent nous y suivre. Oui, mon fils, oui, viens ; mieux valent les grands bois que les villes. On y est sous l’œil de Dieu ; que Dieu nous voie donc et nous juge. Et vous, enfants, continua le mulâtre en s’adressant aux nègres, m’avez-vous toujours trouvé bon maître ? ”
de Voragine Jacobus, La légende dorée (1902)
“ Saint Georges leur fit signe de revenir, et leur dit : « Soyez sans crainte, car le Seigneur m’a permis de vous délivrer des méfaits de ce monstre ! Croyez au Christ, recevez le baptême, et je tuerai votre persécuteur ! » Alors le roi et tout son peuple se firent baptiser ; on baptisa, ce jour-là vingt mille hommes ainsi qu’une foule de femmes et d’enfants. Et saint Georges, tirant son épée, tua le dragon, qui fut emporté hors de la ville sur un char attelé de quatre paires de bœufs. ”
“ Georges se retourna vers le gouverneur. — Merci, milord, continua-t-il, merci, je reconnais dans ce qui se passe aujourd’hui l’appui de votre généreuse philanthropie et de votre bienveillante amitié ; mais du jour où monsieur de Malmédie m’a refusé sa nièce, où monsieur Henri m’a insulté pour la seconde fois, et où j’ai cru devoir me venger de ce refus et de cette insulte par une injure publique, ineffaçable, infamante, j’ai rompu avec les blancs ; il n’y a plus de rapprochement possible entre nous. ”
Henri-Émile Chevalier, Le Soleil d'or, par Ém. Chevalier et L. Clergeot (1863)
“ Georges, par hasard, se lia avec un négociant dont il devint bientôt l'ami inséparable ; M. Jeannet, tel était le nom de ce négociant, Républicain sincère, il avait maudit la faiblesse de la Fayette à l'Hôtel de Ville, et s'occupait ardemment de saper le nouveau pouvoir. La générosité de Georges, son enthousiasme, sa bravoure l'avaient séduit. « Il y a de l'étoffe dans ce garçon-là! » disait-il. ”
Alexandre Dumas,
Georges (1843)
“ Et saluant messieurs de Malmédie, il se retira suivi du gouverneur. — Je vous l’avais bien prédit, monsieur, dit lord Williams lorsqu’ils furent à la porte. — Et vous ne m’aviez rien prédit que je ne susse d’avance, milord, répondit Georges ; mais je suis revenu ici pour accomplir une destinée. Il faut que j’aille jusqu’au bout. J’ai un préjugé à combattre. Il faut qu’il m’écrase ou que je le tue. En attendant, milord, recevez tous mes remercîments. Georges s’inclina, et serrant la main que lui tendait le gouverneur, traversa le jardin de la Compagnie. ”
Alphonse Daudet,
Oeuvres de Alphonse Daudet
(1887-1891)
“ Georges vient bien de temps en temps ; mais il arrive toujours très tard , seulement pour dîner , et repart le lendemain avec mon père avant que je m' éveille . Puis c' est un homme sérieux , à présent , M. Georges . Il travaille à la fabrique , et le souci des affaires lui plisse souvent le front , à lui aussi . ”
Alexandre Dumas,
Georges (1843)
“ Alors Sara se releva tout à coup ; sa résolution était prise. L’homme qui au milieu de pareils dangers, quand les plus braves tremblaient dans leurs maisons, venait à elle, traversant les forêts déracinées, les torrents grossis, les précipices béants, et tout cela pour lui dire : « Je vous aime, Sara, m’aimez-vous ? » cet homme était vraiment digne d’elle. Et si Georges avait fait cela, Georges qui lui avait sauvé la vie, et qui à son tour pour elle exposait sa vie, alors elle était à Georges, comme Georges était à elle. ”
“ Eh! parbleu! par moi, dit M. de Malmédie.—Je vous ferai observer, Monsieur, reprit Georges, que mademoiselle Sara n'est point votre fille, mais seulement votre nièce; ce qui fait qu'elle ne vous doit qu'une obéissance relative.—Mais, Monsieur, toute cette discussion me paraît plus que singulière.—Pardonnez-moi, dit Georges, elle est, au contraire, parfaitement naturelle; j'aime mademoiselle Sara; je crois que je suis appelé à la rendre heureuse; j'obéis à la fois à un désir de mon cœur et à un devoir de ma conscience. ”
Édouard Gorges, Le Marquis de Fayolle, par Gérard de Nerval… (1856)
“ Oh ! oui , mon Dieu , dit -elle avec désespoir , en tombant à genoux ... – toujours !... – Le père de Georges , c' est moi , qui l' ai élevé , entouré de soins et d' affections depuis qu' il est au monde ... Lui , c' est un étranger , un grand seigneur débauché qui veut se passer la fantaisie d' avoir un grand enfant ... Eh bien ! non ! Il ne nous l' arrachera pas ... – Le sang a coulé hier , Georges est blessé peut-être ; allez à Rennes , Huguet ... ne perdez pas de temps ... et s' il est malade , quoi qu' il puisse m' arriver dans ce monde et dans l' autre , appelez -moi ... ”
“ Georges eut beau passer par toutes les rues qui avoisinaient la maison de M. de Malmédie; il eut beau traverser deux fois le jardin de la Compagnie, promenade habituelle des habitants de Port-Louis; il eut beau faire trois fois le tour du champ de Mars, où tout se préparait pour les courses prochaines, nulle part, même de loin, il ne vit une femme dont la tournure pût lui faire illusion. ”
Henry Fielding, Tom Jones ou Histoire d’un enfant trouvé…
“ Au lieu d’être plaint comme l’infortuné disciple de sir Georges, on m’accusoit d’avoir perverti un jeune homme que la nature avoit doué des plus heureuses dispositions ; car sir Georges, quoiqu’il fût le principal auteur du désordre, avoit l’art d’y paroître étranger. J’encourus la censure du vice-chancelier, et peu s’en fallut que je ne fusse chassé du collége. ”
Arsène Houssaye,
Les mains pleines de roses, pleines d'or et pleines de sang
(1874)
“ Georges. Il faut que tu montres ta beauté à tout le monde. Tu aimes encore mieux l'admiration que l'amour. —Peut-être, disait-elle. Je suis comme la vigne : j'éclate dans ma sève, je brise mon corset. Mon coeur m'emporte au triple galop à toutes les sensations. J'aime tout ce qui est beau : les robes et les chevaux, la fleur dans l'hiver, la neige dans l'été, le soleil partout. Mon esprit a toujours soif et toujours faim. ”
“ Georges avait raison; en échange des deux insultes qui lui avaient été faites par M. de Malmédie, à quatorze ans de distance, il venait d'en rendre une seule, mais publique, terrible, sanglante, et qui décidait de tout son avenir, car c'était non seulement une provocation à un rival, mais une déclaration de guerre à tous les blancs.Georges se trouvait donc, par la marche irrésistible des choses, en face de ce préjugé qu'il était venu chercher de si loin, et ils allaient lutter corps à corps, comme deux ennemis mortels. ”
Sophie de Ségur,
Après la pluie le beau temps, par Mme la Ctesse de Ségur…
(1871)
“ Bon, voilà encore Georges que tu vas accuser. Tu ne me feras pas croire que lorsque je vois ta bouche, tes mains, ta robe tachées de fraises, c'est Georges qui les a mangées. J'ai défendu qu'on mangeât avant les repas. Tu m'as désobéi ; tu mens par-dessus le marché ; tu accuses ce pauvre Georges ; tu vas être punie comme tu le mérites. Voici la voiture avancée ; remonte dans ta chambre, je n'emmène que Georges. M. Dormère monta en voiture avec son fils, et la voiture partit pendant que la malheureuse Geneviève pleurait à chaudes larmes dans le vestibule. ”
Vie héroïque de Guynemer (1946)
“ Le voici plus vivant encore : « Au mois de mai dernier (1917) , arrivant en permission, je rencontre Georges sortant de son hôtel et, tout heureux de le voir, je lui annonce que je viens d'être cité. Aussitôt, il m'entraîne dans un magasin, achète une croix qu'il épingle sur ma vareuse et m'embrasse sans se soucier des gens présents. » Il a cette grâce adorable du geste, ces trouvailles d'une imagination toute nouvelle. En chaque occasion, il se montre tel qu'il est. Dans l'indignation, il est aussi naturel que dans l'enthousiasme. ”
“ Quant à Georges, qui, en voyant couler son sang, n'avait pas laissé échapper une seule larme, il éclata en sanglots dès qu'il se retrouva les mains vides en face de son père, qui le regardait tristement sans essayer même de le consoler. De son côté, Jacques se mordait les poings de colère, et jurait qu'un jour il se vengerait de Henri, de M. de Malmédie et de tous les blancs. ”
Eugène Sue,
La vigie de Koat-Ven : roman maritime…
(1846)
“ Sir Georges était un homme d'un caractère généreux, noble et grave... Quoique jeune, mon enfant, il était plein de sagesse et de vertu... C'était un ami d'un commerce sûr et austère... Il me grondait souvent, Marie... lui seul en avait le courage... et je dois à son affection sévère et éclairée de m'ètre LA MÈRE ET LA FILLE. 215 corrigée de bien des défauts dans ma jeunesse. — Et où est maintenant ce frère si dévoué, maman?... — Oh ! depuis bien longtemps... il est mort, Marie... il est mort, et mort aussi clans mon coeur ”
Le Nouvel-Émile ou L'éducation-pratique… (1770-1775)
“ Georges ne parut pas à la table de son père : mais comme nous nous levions, il entra : nous demeurames Roger & moi, après les garçons. — Mon père, dit Georges, j'ai été ce matin chez le père Léonard. Nous avons causé fort longtemps : ensuite il m'a offert a déjeûner. Je l'ai accepté, & j'ai même porte la complaisance jusqu'a faire assaut de rasades avec le vieillard, qui aime à se réjouir le coeur par le jus de la treille. ”
Édouard Gorges, Le Marquis de Fayolle, par Gérard de Nerval… (1856)
“ Georges , pressant sa main , et de l' autre l' attirant fortement à lui : – Je t' aime ... dit -il d' une voix sourde et voilée par la passion . – Je t' aime ... murmura la jeune fille bien bas , si bas qu' il pût à peine l' entendre . Il fallait bien se sacrifier puisque le salut de la monarchie française était à ce prix là ... La porte du salon s' ouvrit : Péchard entra , en se frottant les mains d' un air de satisfaction . – Je suis un peu en retard , dit -il , d' un ton goguenard ; mais je vois que vous ne vous êtes pas trop ennuyés en m' attendant . ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Vous ne sentez donc pas que l'amour est le plus délicieux sentiment qui puisse entrer dans le coeur humain, et que tout ce qui le prolonge, même au prix de mille sacrifices, est encore un bonheur? Vous m'aviez fait espérer bien des métamorphoses, Mariquita, vous n'avez réalisé aucune de vos promesses. Mais faisons comme le chien de votre capitaine, qui, dites-vous, vous console parfois et ne vous contrarie jamais. Votre amant ne veut pas reconnaître son enfant, il s'évertue à vous prouver qu'il n'est qu'un égoïste, qu'un misérable, sacrifiant tout le monde à ses plaisirs et n'aimant personne. ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Va, tu ne m'as jamais aimée, écrivait Mlle d'Epinay sous cette impression, je le vois maintenant, mais il est trop tard. Tu me brises le coeur en recevant des femmes chez toi. Pourquoi me faire souffrir? aimer, c'est apprendre la douleur, mais, c'est apprendre à vivre aussi! Quefais-je ici-bas ! Je ne suis sérieusement aimée de personne. Quand on aime, on fait tout pour l'objet aimé, mais aujourd'hui, on ne connaît plus l'amour, on ne sait que semer çà et là des lambeaux de son coeur: Dieu te garde, Raphaël, d'éprouver les tourments que j'endure! ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Il part, et Germain arrive; je lui conte la chose, M. Rodolphe ne pouvait pas nous tromper; nous montons en voiture, gais comme des fous, nous si tristes la veille... Jugez... nous arrivons... Ah! ma bonne Louise... tenez, malgré moi, les larmes m'en viennent encore aux yeux... Cette Mme Georges que voilà devant nous, c'était la mère de Germain. ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Mon bon Raphaël, mon âme est attachée à ton âme, et rien ne saurait l'en séparer. Le temps ne fera rien sur mon amour; il sera toujours aussi vif, aussi profond que maintenant. L'avenir m'effraye... Pourtant, est-ce qu'on n'aide pas un peu les événements ? Est-ce qu'on ne fait pas un peu son avenir?... Mon bonheur est entre tes mains, rends-moi heureuse, en n'étant pas comme les autres hommes, légers papillons, qui voltigent sur toutes les fleurs, et les laissent mourir après avoir respiré leurs parfums ! ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ J'ai souffert de l'envie, de l'inconstance, de la perfidie et de la lâcheté de tous ceux que j'ai aimés. Tous m'ont présenté la coupe du bonheur et me l'ont ensuite brisée sur les lèvres au moment où j'allais y goûter. Je suis puni d'avoir laissé tomber mes regards sur celle des créatures que je croyais la plus parfaite. Je pardonne pourtant le mal qu'on m'a fait. Mon coeur ne sait plus aimer, il n'a jamais su haïr, il ne savait que se dévouer et souffrir. ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Oh ! mon Dieu, pourquoi parle-t-on le langage de l'amour quand on ne rougit pas de se jeter dans les bras d'un manant ! Pourquoi, Mariquita, trompiez-vous celui qui vous croyait si digne de son affection ? Je vous ai donné mon âme, je me suis annihilé pour vous, j'ai renié mes amis, mes intérêts, mes convictions, je n'ai rien conservé de moi, et vous, pauvre enfant, vous ne m'avez pas même sacrifié un caprice qui vous dégrade et vous classe parmi les femmes sans pudeur et sans retenue ! ”
Comtesse de Ségur,
Après la pluie, le beau temps
“ Georges, après avoir lu. Vous ne croyez pas, je pense, aux sottises que vous raconte Mlle Primerose ? M. Dormère. Vous niez ce dont elle vous accuse ? Georges, avec calme. Complètement ; sa lettre est absurde. ”
Comtesse de Ségur,
Après la pluie, le beau temps
“ Georges Geneviève, veux-tu venir jouer avec moi ? Papa m’a donné congé parce que j’ai très bien appris toutes mes leçons. Geneviève Oui, je veux bien ; à quoi veux-tu jouer ? Georges Allons dans le bois chercher des fraises. Geneviève Alors je vais appeler ma bonne. Georges Pourquoi cela ? Nous pouvons bien aller seuls, c’est si près. Geneviève C’est que j’ai peur... Georges De quoi as-tu peur ? Geneviève J’ai peur que tu ne fasses des bêtises, tu en fais toujours quand nous sommes seuls. Georges Moi, je ne fais pas de bêtises ; c’est toi qui en dis. Geneviève Comment ! ”
Georges Murat, Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)
“ Quelle puissance humaine pourrait me séparer de mon Raphaël? Je tremble, il est vrai, parce qu'on voudrait m'arracher de ton coeur; mais on n'y réussira pas. Pourtant, si j'avais la douleur d'apprendre que tu en aimes une autre, j'espère que Dieu me ferait mourir sur l'heure! Celui qui ne regarde pas le changement dans l'amour comme la destruction de l'amour ne le connaît pas. Il me serait impossible de vivre avec une telle blessure. Ce serait infâme de me tromper. Mais je suis folle! non, je ne crains pas d'être abandonnée par toi, ce serait trop lâche. ”
