Georges Murat

Élements biographiques

Georges Murat Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)

La crainte n'est-elle pas permise à qui n'a qu'un seul bien? Je te l'ai dit souvent, je suis avare de toi. J'aime mon trésor, je veux le garder pour moi seule, j'ai peur qu'un regard jaloux, une main envieuse, n'en ternissent l'éclat. Quand on aime, l'esprit est inventif et l'on finit toujours par trouver ce que l'on cherche. Aimons-nous et nous trouverons le bonheur. Prends donc courage, songe que la lassitude ne produit rien de bon : si tu m'aimes, tu auras l'énergie de la volonté; tu ne voudras pas me quitter et me laisser au désespoir le reste de mes jours...
Source : Gallica

Georges Murat Salons et sacristies, par Georges Murat (1868)

Un homme qui se laisse vaincre en dévouement, en générosité par sa femme, devient pour elle un être inférieur, vulgaire; l'amour se volatilise alors comme l'éther, laissant le vide au fond du cœur. L'amour sans l'estime n'existe pas ; il n'est plus, dans ce cas, qu'une passion brutale à prochaine échéance.
Le cœur n'a pas de sexe. Celui qui exige trop de sacrifices à ses goûts, à ses idées, à ses désirs, est un maladroit doublé d'un imbécile ; c'est un égoïste qui sent trop ou pas assez, mais mal.
Source : Gallica

Georges Murat Un homme de l'autre monde, par Georges Murat (1864)

Elle préférait écouter Raphaël lorsqu'il lui racontait ses voyages et ses aventures. Elle le suivait d'un regard ardent et passionné, lorsqu'il avouait son amour pour la poésie, son culte pour la nature, pour l'art, pour tout ce qui élève l'âme. Raphaël ne dissimulait pas ses aspirations vers le bonheur, qu'il cherchait depuis longtemps dans le coeur d'une femme éprouvée comme lui, et comme lui aimant la musique, la nature et les rêves à deux. Mlle d'Epinay restait attentive et songeuse en l'écoutant, et lorsqu'il la quittait, elle eût pu dire aussi : — Je regarde mon bonheur qui s'en va !
Source : Gallica

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