Léo-Paul Desrosiers, Les Opiniâtres
“ La désolation de ce paysage étreignait Ysabau. À Saint-Malo, les hommes, leurs œuvres, sa propre pensée avaient interposé un écran entre la nature et elle-même. Mais ici, aussitôt qu’elle demeurait seule, aussitôt qu’elle passait le seuil de la cabane, elle heurtait la forêt, le fleuve, la terre, le chaud, le froid, les aubes, les crépuscules, le soleil, les ciels étranges, les nuages, le vent, la pluie, les tempêtes, les couleurs, toutes les manifestations de la nature. Entre ces phénomènes et elle, aucun mur. Nuls vestiges pour détourner l’attention, absorber les yeux ou l’esprit. ”
