Jeanne Le Ber

Définition et enjeux

Léo-Paul Desrosiers Dans le nid d’aiglons, la colombe

Jeanne Le Ber dut livrer bataille non seulement avec les Sulpiciens, mais encore avec ses parents, avant d’obtenir gain de cause. Heureusement, elle parlait bien, sous l’abondance des sentiments de son cœur ; et elle avait à cet âge une forte personnalité. Autrement elle eût échoué. Car la réclusion, telle qu’elle la concevait, est une chose terrible et qui fait reculer même les plus fervents et les plus dévots, s’ils n’ont pas le charisme, tant elle contrebat avec brutalité, le fond même de la nature humaine et toutes ses tendances.
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Portrait de Laure Conan Laure Conan Jeanne LeBer, l’adoratrice de Jésus-Hostie

Jeanne Le Ber vécut vingt ans entre les quatre murs de sa cellule. Et qui dira les ardeurs de sa prière, les rigueurs de sa pénitence ? Elle voulait réparer, elle voulait expier, elle voulait ressembler à son Jésus pauvre et souffrant.
Une cloison légère séparait seule, son lit, du Saint-Sacrement, mais elle se levait toutes les nuits, et même par les plus grands froids, se rendait à la chapelle où elle restait longtemps en adoration.
Jamais elle ne soldait. Dans la saison chaude elle ne s’approchait même pas de sa fenêtre, pour respirer l’air frais.
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Léo-Paul Desrosiers Dans le nid d’aiglons, la colombe

Quand, en 1822, on ouvrit la tombe de Jeanne Le Ber, on n’y découvrit qu’une poussière blanche, impondérable que le vent emporta avant qu’on la recueille.
Ainsi, dans la mort, Jeanne Le Ber rejoindrait, en l’anonymat, un grand nombre de reclus et de recluses : on dressait sur leur tombe une croix de bois sur laquelle on n’inscrivait aucun nom. Dans le sentiment de leur néant, ils n’étaient rien, Dieu était tout. Humilité dont l’intensité effraie et après laquelle nous courons parfois si vainement.
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