“ Le Poste de la Baie d’Hudson à Fort Yukon possédait des données différentes sur le cours du fleuve, d’après lesquelles il devait se jeter dans l’Océan Arctique. — Alors le Yukon se déverse dans la mer de Behring ? demanda-t-il. — Je l’ignore. Mais je sais qu’au Sud il y a des Russes, beaucoup de Russes. Peu importe, vas-y toi-même, et renseigne-toi. Tu peux retourner vers tes frères, mais tu ne remonteras pas le Koyukuk tant que les prêtres et les guerriers m’obéiront. Je te l’ordonne, moi, Baptiste Le Rouge, chef de cette tribu, et dont la parole fait loi. ”
Citations sur “yurta”
Émile Jonveaux, Les Russes dans l’Asie centrale - Leurs Conquêtes sur les rives du Syr et de l’Amou-Daria
“ Elle a commencé par reculer les limites de son territoire du nord au sud du désert qui sépare la Sibérie de l’Iaxarte, incorporant ainsi à ses états trois millions de Kirghiz sur lesquels sa domination avait été jusqu’alors purement nominale ; mais un gouvernement régulier ne pouvait, disait-elle, avoir pour frontières une steppe habitée par des tribus errantes ; il lui fallait avancer dans l’intérêt même de l’ordre et de la civilisation. Trois forteresses furent érigées en 1848, celles de Karabutak et d’Oural sur la rivière Irghiz, et celle d’Orenbourg sur le Turgaï ”
Guillaume Capus,
A travers le Royaume de Tamerlan…
(1892)
“ Le 22 octobre, nous continuons notre route vers l'ouest, sur Tachkent, la capitale. Nous longeons de près le pied de l'Alataou. Des colonies de Petits-Russiens, villages proprets se groupant autour d'une église, font bon voisinage avec de nombreux aouls kirghiz et cultivent sur une grande étendue le loess fertile dû steppe. Nomades pasteurs et cultivateurs sédentaires de races si différentes vivent en paix l'un à côté de l'autre, parce que le sol est assez riche pour les nourrir tous. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
L’Empire des tsars et les Russes
“ Ce n’était même point au milieu des Russes que pénétraient ces colons d’Asie ; — les Russes avaient alors à peine atteint le bassin central du Volga et le confluent de ce fleuve avec l’Oka à Nijni-Novgorod ; c’était au milieu de peuples finnois dont nous voyons les restes dans les Mordves, les Tchérémisses, les Tchouvaches, et dont plusieurs, comme ces derniers, se sont laissé tatariser. Les Turcs de Russie n’ont point, comme les Arabes d’Espagne, enfanté une riche et industrieuse civilisation ; loin de s’adonner tous à la vie sédentaire et agricole, ils étaient en partie demeurés nomades. ”
Émile Jonveaux, Les Russes dans l’Asie centrale - Leurs Conquêtes sur les rives du Syr et de l’Amou-Daria
“ Afin que rien ne vînt troubler la marche des troupes, ordre avait été donné aux sultans nomades de balayer la steppe et d’en éloigner toutes les bandes de maraudeurs. Les Kirghiz eux-mêmes devaient éviter de camper. le long de la route pour ne pas diminuer les ressources déjà si précaires qu’offrent les rares herbages de ces plaines de sable et de sel. Malgré la chaleur et la fatigue, auxquelles se joignirent les tournions de la soif, les Russes arrivèrent sans trop de pertes à Aralsk, d’où ils furent dirigés vers la fin de juin sur Ak-Mesdjed. ”
V. de Mars, Revue des Deux Mondes
“ À l’est et au nord de la Ruthénie, notamment dans les vallées du Volga et de ses affluens, s’étend un monde tout à fait différent du monde polonais et ruthénien, et qui n’a rien de slave : c’est le monde tchoude ou étrange, comme disaient les Slaves, le monde des races finnoises et ouraliennes, où dominent tour à tour des conquérans appartenant à la race tartare, mongole ou turque. ”
Nicolas Bibesco, Les Kabyles du Djurdjura
“ Quand enfin 1857 fit sonner l’heure suprême de la conquête, en moins de deux mois tout le Djurdjura était parcouru et soumis, une grande route pénétrait la montagne, un fort puissant s’asseyait sur ces crêtes devant lesquelles jadis, après une campagne de trois ans, le comte Théodose avait reculé. ”
Jules Verne,
Michel Strogoff
(1876)
“ De ces diverses tribus , les unes sont indépendantes , et les autres reconnaissent la souveraineté , soit de la Russie , soit des khanats de Khiva , de Khokhand et de Boukhara , c'est - à - dire des plus redoutables chefs du Turkestan . La horde moyenne , la plus riche , est en même temps la plus considérable , et ses campements occupent tout l' espace compris entre les cours d' eau du Sara-Sou , de l' Irtyche , de l' Ichim supérieur , le lac Hadisang et le lac Aksakal . ”
M. A. Poussielgue, Le Tour du monde
“ Le nord, c’est la Sibérie, ce grand désert où, malgré l’intempérie des saisons, la Russie a planté, par ses colonies militaires, de puissants jalons de civilisation ; le centre, c’est l’empire chinois, l’empire du Milieu, avec sa double ceinture de tributaires nomades ; au nord-ouest, les Mandchoux, dont la dynastie règne maintenant sur la Chine, au nord et au nord-est les Mongols, puis des Khirghiz, des Tartares, et cent autres tribus. ”
Guillaume Capus,
A travers le Royaume de Tamerlan…
(1892)
“ Djizak, situé au bord méridional du steppe de la Faim, à la bifurcation des routes postales de Tachkent et du Ferghanah, est peut-être l'endroit le moins enchanteur du Turkestan. Employons un euphémisme consolateur pour ceux qui sont forcés d'y résider! La ville russe, appelée Klioutchevoe, est située au pied des collines du Nourata-taou ; tandis que la ville indigène, plus en avant dans la plaine, en est éloignée de quelques verstes. ”
Félix de Rocca, De l'Alaï à l'Amou-Daria, par Félix de Rocca… (1896)
“ La Grande Horde ou Oulou-Youz garda les contrées colonisées du Turkestan. La Moyenne ou Orla-Youz occupa les steppes propres à l'élevage du bétail; et la Petite Horde, Kitchi-Youz, émigra plus loin, vers les contins de la Russie. D'où il appert que les ancêtres des kirghiz-kazak ont été subjugués par un autre peuple congénère, probablement par les Mongols de Djinguiz-khan, qui, réunis aux Tatars voisins, se reversèrent sur la Sibérie et le Turkestan. ”
Le Cte de Suzannet, Les provinces du Caucase sous la domination russe
“ Les montagnes, se resserrant, encadrent la rivière d’Yelissou, qui se précipite au milieu des rochers. La température, très chaude dans la plaine, change tout-à-fait dans la montagne. Les arbres cessent d’embellir le paysage, et l’on n’est plus entouré que de rochers arides et de montagnes à pic. J’entrai à Yelissou et vins m’établir chez le sultan de ce district et de celui de Routoul. Ce sultan, vassal de la Russie, est jeune et d’une figure agréable, quoique cité pour sa cruauté. ”
Dora d’Istria,
La Poésie populaire des Turcs orientaux…
“ Si les peuples portés à la vie agricole, comme les Aryens, ont poussé leurs lointains rameaux de la vallée d’Oxus jusque dans l’Inde et jusque dans les îles britanniques, on peut supposer que les nomades de l’Altaï ne devaient pas être moins empressés de chercher des contrées plus favorisées que leur terre natale. De fait, lorsque les Rurikovitchs fondèrent l’empire de Russie, ils se trouvèrent à Kiev en contact avec des populations turques, et ils durent, jusqu’à l’arrivée des Mongols, batailler avec les Petchénègues et les Koumans, populations de la même famille [1] . ”
William Knighton, La cour d'un rajah : souvenirs d'un européen (1888)
“ Dès leur plus tendre enfance, les habitants de Luknow sont élevés dans l'amour de la profession militaire, les enfants tirent l'arc ou lancent des javelots; ceux qui viennent de naître reçoivent pour s'amuser des tulwars et des pistolets de bois, et cela remplace pour eux la crécelle que nos nourrices européennes donnent aux petits êtres confiés à leurs soins. ”
Guillaume Lejean,
La Russie et l’Angleterre dans l’Asie centrale
“ I Quand la Russie, il y a trois siècles, s’émancipa complètement de la domination tartare et détruisit le long du Volga les derniers états nés de l’empire mongol, elle se vit tout à coup appelée, je dirais presque condamnée à la conquête de la moitié de l’Asie. Les nomades, rejetés derrière l’Oural, humiliés et frémissans, gardèrent encore pendant de longues années l’espoir de prendre une revanche, et la Russie n’était point alors l’immense état qui s’étale sur la carte du vieux monde. ”
V. de Mars, Revue des Deux Mondes
“ Or il y avait dans ce monde finnois et ouralien des villes importantes, comme Rostov, Mourom, Souzdal, qui étaient en relation de commerce avec la Ruthénie et principalement avec Novogorod. Des princes varègues y avaient étendu leur domination, de sorte qu’ils régnaient en même temps sur des Slaves et sur des Finnois. L’un de ces descendans de Rurik, George Dolgorouki ou Longue-Main, régnait à Souzdal, dans la partie du pays finnois qui était séparée de la Ruthénie par la grande forêt de Mourom. ”
Alph. Ride, Revue des Deux Mondes
“ Dans tout le bassin de l’Yuruari, qui présente une superficie de près de sept cents lieues carrées, il n’y a pas précisément de mines d’or; mais on rencontre un lit d’argile verte contenant de l’or, qu’il faut en extraire par le lavage. Ce lit n’a pas plus de quinze centimètres d’épaisseur. On l’a rencontré dans toutes les rivières, dans tous les torrens tributaires de cette rivière; je l’ai rencontré presque à la surface sur des points tributaires de l’Orinoco. Les Indiens des villages voisins de l’Yuruari disent que plus on avance dans le sud, plus l’or est abondant ”
Gabriel Bonvalot,
En Asie centrale
“ La civilisation est fille des plaines, où les peuples se rencontrent, se heurtent et s’affinent au contact les uns des autres. Quant à la montagne, elle imprime en quelque sorte son immuabilité à ceux qui la peuplent.Mais nous sommes en marche le long de la rive gauche du Zérafchane, la vallée est encore large et la pente relativement douce. Cette première étape finit à Yori, sur la rive droite, où nous parvenons par un pont pittoresque et une pluie battante. Le sol, la faune et la flore ont conservé le même caractère de plaine qu’à Pendjekent. ”
Charles Yriarte,
La Bosnie et l’Herzégovine pendant l’insurrection…
“ Ces paysans psalmodient parfois des chœurs d’une mélodie courte, monotone et d’une tristesse particulière ; nous reconnaissons à quelle race ils appartiennent à l’attitude qu’ils prennent en croisant la colonne. S’ils sont chrétiens et raïas, leurs chants cessent dès qu’ils nous aperçoivent, et ils s’accroupissent davantage, ne laissant plus voir que le sommet de leur turban ; s’ils sont mahométans et Turcs, ils montrent une certaine curiosité, se lèvent dans le chariot et échangent parfois des lazzis avec les soldats. Toute la région que nous traversons a été visitée par les insurgés ”
Ivan Sergeevich Turgenev,
Eaux printanières
“ Et alors madame Roselli avoua qu'elle se représentait la Russie comme une plaine toujours couverte de neiges éternelles, et habitée par des hommes vêtus toute l'année de fourrures et qui sont tous militaires:—il est vrai, ajouta-t-elle, que c'est le pays le plus hospitalier de la terre, et le seul où les paysans sont obéissants. ”
“ Mais à l’Orient de l’isthme caucasien, derrière les déserts de la Perse et le royaume des Afghans, à une distance considérable sans doute, mais que la conquête diminue chaque jour, il est une terre riche et fertile, un de ces climats du midi vers lesquels un instinct de butin et de gloire pousse incessamment les hommes du nord, l’Hindoustan. Fécondité du sol, commerce florissant, population docile au joug, tous les avantages que peut ambitionner la Russie, se rencontrent dans la possession de ce pays. ”
Bikey et Maolina, ou les Rirghiz-Raissaks (1845)
“ Séparée de la Russie par les fleuves Irtych et Oural, dont le cours forme ici l'a limite de l'Europe et de l'Asie, elle est bornée à l'ouest par la mer Caspienne, au sud par les états indépendants du Turkestan, enfin, à l'est par les possessions chinoises. On n'y trouve ni villes ni villages, et les Kirghiz, qui la parcourent en véritables nomades, ne laissent dans ce désert d'autres traces que des tombeaux. Ce peuple, exclusivement pasteur, ne connaît point l'agriculture, et ne tire sa subsistance que du produit de ses troupeaux. ”
Georges Cuvier,
Recueil des éloges historiques
“ M. Pallas en particulier, après avoir traversé les plaines de la Russie d’Europe, et passé l’hiver de 1769 à Simbirsk, sur le Volga, au milieu de ces tribus tartares, anciennes dominatrices des Russes et aujourd’hui en grande partie agricoles, s’arrêta à Orembourg sur le Jaïk, rendez-vous de ces hordes encore nomades qui errent dans les déserts salés du nord de la mer Caspienne, et des caravanes qui font au travers de ces déserts le commerce de l’Inde. ”
Guillaume Capus,
A travers le Royaume de Tamerlan…
(1892)
“ Le contour des collines au loin tremble dans l'atmosphère échauffée. Le ciel, d'un vert de turquoise mourante, se confond avec le jaune argileux qui monte de l'horizon. Le soleil darde ses feux du midi à peine obliques, et pas une brise ne fait trembler les feuilles des hauts peupliers. C'est l'heure de la sieste ; la ville s'assoupit. Le Russe cherche la fraîcheur entre les murs épais de son habitation close ; le moullah s'étend sur une natte dans un coin d'une cellule de mosquée ; le citadin dort près d'un étang à l'ombre d'un saada-kaïragatche ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
La Russie et les Russes
“ Des hauts plateaux de l’Oural, elle domine les plaines de la Sibérie, des bas plateaux du Don et du Volga, la dépression Caspienne et l’Asie centrale. La Russie d’Asie, la Sibérie et même le Turkestan, ne sont point pour la Russie des colonies exotiques, impossibles à assimiler, difficiles à conserver ”
Julien Girard de Rialle,
Instructions anthropologiques pour l'Asie centrale…
“ XXV, p. 218 dépeint les Tadjiks du Turkestan soumis à la Russie comme d'une grande beauté de visage ; il dit « qu'ils forment l'aristocratie intellectuelle du Turkestan, et que tout homme de l'Asie centrale qui a quelques prétentions aux manières distinguées, essaye de les imiter dans leur langage, leurs habitudes et leur ton. » A côté d'eux, il place les Sartes, qui constituent là majeure partie de la population sédentaire. ”
Élisée Reclus,
L’Homme et la Terre
“ L’empire des trois frères, réuni plus tard sous la domination du seul Rurik, ne comprenait d’abord que la partie de la Russie actuelle qui s’étend au sud et au sud-est du golfe de Finlande, vers la haute Volga, avec la cité de Novgorod pour centre : mais les aventuriers varègues, constamment renforcés par de nouvelles recrues, ne pouvaient pas se contenter de commander pacifiquement les territoires conquis. Le midi les attirait. Au commencement du dixième siècle, la capitale de l’empire est déplacée. Kiyev est devenue la résidence du fils de Rurik et les conquêtes se continuent vers le sud. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
L’Empire des tsars et les Russes
“ Aussi, sont-ce les seules contrées de la Russie d’Europe encore habitées par les tribus pastorales de l’Asie, par les Kalmouks et les Kirghiz, et, jusqu’à ces dernières années, par le Tatar de Grimée et le Nogaï. Sur ces steppes, ces Asiatiques semblent aussi bien chez eux que dans leur patrie originaire ; ils y mènent la même vie, conduisant leurs troupeaux brouter les herbes des sables ou les maigres plantes salines qui poussent en touffes sur le sol aride. ”
Th. Bentzon, Revue des Deux Mondes
“ Novgorod et Kiev sont en effet, les deux majestueux témoins de l’époque où les Russes proprement dits, des Scandinaves, répondirent à l’appel des tribus slaves déjà puissantes, mais auxquelles manquait ce qui manque encore à la Russie : une bonne organisation. Elles le comprenaient, puisque les vieilles chroniques conservent les paroles adressées à Rurik et à ses frères : « Notre pays est grand et riche, mais l’ordre n’y existe pas ; venez et régnez sur nous. » ”
Eugène Lassalle,
L'Opérette française en Asie centrale…
(1891)
“ La saison de Tiflis finie, ma grande curiosité pour l'inconnu m'attirait vers ces villes de l'Asie centrale et du Turkestan que la Russie venait en quelques mois de transformer d'une façon si extraordinaire et de faire entrer avec une rapidité prodigieuse dans la grande voie de là civilisation. ”
Lutfullah, Mémoires de Lutfullah, gentilhomme mahométan… (1858)
“ Jouria, où nous arrivâmes le lendemain, est une vaste et populeuse cité. J'y fus l'objet du plus grand déploiement d'hospitalité dont j'aie jamais été honoré en Kattiawar. Le gouverneur envoya une escorte à ma rencontre, et me fit conduire en grande pompe au logis qui m'était destiné, et où je trouvai tout le confortable de mon propre foyer. Un excellent repas, préparé à point, m'y attendait, ainsi que toute ma suite, et chacun de nous eut à se louer des prévenances de notre hôte. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
La Russie et les Russes
“ Des deux côtés de l’Oural, la Russie forme à elle seule une région particulière, avec des caractères physiques spéciaux, région embrassant toutes les plaines septentrionales de l’ancien continent, descendant trop au sud pour qu’on l’appelle boréale, mais qu’on peut nommer région russe, et qui du centre de l’Asie au pôle comprend toute la dépression colossale du nord du vieux monde, la Basse-Europe et la Basse-Asie de Humboldt. ”
