“ Cette girouette ! Si seulement, elle voulait tourner. Si la foudre pouvait tomber, ou la forêt s’embraser. L’effondrement des cieux, le fracas du Jugement Dernier ! N’importe quoi, n’importe quoi ! Mais non, rien ne remuait. Le silence s’amoncelait et la Peur du Nord étreignait son cœur de ses doigts de glace. Un jour, nouveau Robinson Crusoé, il rencontra une piste sur le bord du fleuve – c’était l’empreinte légère d’un lièvre à raquettes sur le fin duvet de la neige. Ce fut pour lui comme une révélation. La vie existait donc dans le Northland ! ”
Jack London
Résumé
"En pays lointain", nouvelle de Jack London publiée en 1900, explore les dérèglements humains dans l'hostilité du Nord canadien. À travers les destins tragiques de Carter Weatherbee et Percy Cuthfert, London dépeint la lutte pour la survie dans un environnement glacial, où la neige, les chiens de traîneau et la cabane isolée deviennent des symboles de la perte de l'humanité.
La nouvelle, initialement parue dans Overland Monthly, met en scène une quête désespérée de rédemption et d'émotion face à l'indifférence du paysage, culminant dans une mort violente qui souligne l'absurdité des conflits personnels dans un monde implacable.
Citations de En pays lointain (Jack London)
“ C’est alors que j’ai eu affaire à un gros, à un filon de graisse, et à une femme. Bien qu’elle fût petite, son cœur était bien plus grand que celui de l’homme. Et elle avait du cran. Nous suivions une rude piste le long de l’Eau Salée ; le froid était rigoureux, la neige épaisse et la faim dévorante. Et la femme aimait d’un amour puissant — on ne peut mieux dire. Frères, le sang rouge des Siwash coule dans mes veines, mais mon cœur bat pour les blancs. Aux péchés de mes aïeux, je dois l’un ; aux vertus de mes amis, je suis redevable de l’autre. ”
“ Leur lutte inscrivait sur la page blanche de la nature un chapitre de la tragédie humaine. Chaque fois qu’il pouvait s’en saisir, Lawson ligotait une main ou un pied de Yan. Ruant, griffant, jurant, il finit, pouce après pouce, par être réduit à l’impuissance, ficelé et traîné à l’endroit où les rames inexorables étaient plantées dans la neige comme un compas gigantesque. Bill le Rouge ajusta le nœud coulant, et lui plaça la boucle sous l’oreille gauche, à l’instar du bourreau. M. Taylor et Lawson empoignèrent l’autre corde, n’attendant que l’ordre de hisser. ”
