“ Regarde, Henri ! Juste Ciel, qu’est ceci ! L’un est un chien, qui a rejoint les loups et est retourné à l’état sauvage. L’autre est bien un loup, ou plutôt une louve... — Et aveugle ! dit, avec une intonation de pitié, Paul Weyman. — Oui, m’sieur ! Aveugle ! répondit le demi-sang, mêlant, dans son étonnement, le français à l’anglais. Il redressa derechef son fusil. Weyman intervint à nouveau, — Ne les tue pas, Henri ! je t’en prie. Donne-les-moi, vivants. Fais l’estimation de la valeur du lynx dont ils ont détérioré la peau. Ajoute à cette somme la prime habituelle payée pour les loups. ”
James Oliver Curwood
Résumé
"Kazan", de James Oliver Curwood, est un roman qui plonge le lecteur dans le monde sauvage du Grand Nord canadien, où les éléments naturels et la vie animale prédominent. L'histoire suit Kazan, un chien-loup en quête de liberté, et Louve Grise, une louve aveugle, dans un paysage enneigé peuplé de castors, de lynx et de risques imprévus.
À travers des scènes d'échange avec des trappeurs et des descriptions poétiques des Barrens, Curwood explore les rapports entre l'homme et la faune, ainsi que le thème de la cohabitation. L'œuvre, publiée dans un contexte de curiosité pour l'Arctique, allie aventure et réflexion écologique, illustrée par des dialogues percutants et des descriptions immersives.
Citations de Kazan (James Oliver Curwood)
“ Ce ne fut pas Louve Grise qui répondit, mais, la voix du gros danois. Paul Weyman, penché sur l’immobile cadavre de Sandy Mac Trigger, entendit le hurlement du chien-loup. Il prêta l’oreille, en écoutant si l’appel se renouvellerait. Mais Kazan était, déjà, rapidement reparti. L’air vif et froid qui, par-dessus les immenses Barrens, lui arrivait de l’Arctique, les myriades d’étoiles qui luisaient au-dessus de sa tête dans le vaste ciel, le bonheur enfin de la liberté reconquise, lui avaient rendu toute son assurance et excitaient encore l’élasticité de sa course. ”
“ Le lendemain, il n’était point joli, joli, et son mufle avait ce que les gens du Wild appellent "lagrimace du porc-épic". La gueule était enflée au point que Louve Grise s’en fût tordue de rire, si elle n’eût point été aveugle et si elle eût été un être humain. Les lèvres étaient, le long des mâchoires, boursouflées comme des coussins. Les yeux n’étaient plus que deux fentes étroites, au milieu d’une fluxion générale de la face. Lorsque Kazan sortit de l’arbre et vint au jour, il ne pouvait guère mieux voir que sa compagne aveugle. La douleur, du moins, s’en était allée en grande partie. ”
