Louis-Frédéric Rouquette

Résumé

Louis-Frédéric Rouquette Le Grand Silence blanc

De temps en temps, Tempest ouvre un œil, grogne un peu plus fort, puis reprend sa somnolence.
Il faut avoir vécu dans la solitude pour comprendre la joie de pouvoir parler à un être humain. Les plus cruelles privations ne sont rien à côté de l'effroyable supplice du silence. Etre seul devant les plus beaux paysages du monde, seul avec sa pensée qui tourne en rond autour du cerveau comme une bête emmurée, sentir sa raison mourir peu à peu, être ivre de solitude au point de chanceler, avoir faim de parler à quelque chose de vivant!
Source : Gutenberg

Louis-Frédéric Rouquette Le Grand Silence blanc

J’émets un sifflement qui fait dresser les oreilles à mon chien.
— Si nous allions aux nouvelles, Tempest, mon ami, qu’en dis-tu ? Un sergent de la police montée proprement meurtri, ça ne se voit pas tous les jours, et puis cela chassera un peu la monotonie de cette journée qui s’obstine à ne point finir. De plus, ce sera une occasion unique de montrer notre nouveau col de fourrure.
J’assure ma toque de loutre et revêts la veste au fameux col. Tempest jappe de joie et nous voilà courant dans la neige comme deux jeunes fous. Une pente s’offre, nous la dévalons en roulant.
Source : Wikisource

Louis-Frédéric Rouquette Le Grand Silence blanc

Seul Tempest m’attend sur le seuil. Son œil pétille de satisfaction. Il remue sa queue avec contentement, je lui tapote les flancs. Il disparaît heureux dans son trou de neige.
Et comme je reviens un peu étonné vers mon igloo en levant la tête, j’aperçois devant moi, par-dessus le mont que nous avons descendu à une allure si vertigineuse, j’aperçois un tourbillon qui vient à la vitesse d’un cheval au galop.
— Ho ! ho ! nous allons avoir une sacrée tempête...
Et je comprends, tout à coup, la hâte de mes chiens et l’esprit de Tempest qui a prévu l’ouragan.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature