Jack London,
Construire un feu
“ C’est, après tout, songea-t-il, une sensation délicieuse de s’endormir dans la mort. C’est comme si l’on avait absorbé un anesthésique. La mort par congélation n’est pas aussi affreuse qu’on le disait. Il y avait d’autres façons, bien pires, de mourir. Une hallucination s’empara de lui. Il voyait les camarades chercher, le lendemain, son cadavre. Il explorait la piste en leur compagnie, et se cherchait lui-même. Avec eux il suivait le lit glacé de la rivière et, soudain, à un coude de la vallée, il trouvait son corps étendu sur la neige. Il songeait alors qu’il avait dû faire grand froid. ”
