Louis-Frédéric Rouquette, La Bête Errante: Roman vécu du Grand Nord Canadien
“ La dernière nuit a tué deux chiens. Les autres vont tristement, au pas, traînant avec peine leur fardeau.Au froid, à la fatigue, la faim s'ajoute, la faim qui griffe l'estomac et qui mord les entrailles, la faim qui fait des ronds dans le cerveau, la faim qui creuse, la faim qui tue.Le premier qui donne un signe de lassitude est Billikins. Mais son orgueil d'Indien ne plie pas. Il marche entre Gregory et Hurricane, cassé, tenant son ventre de ses mains, mais quand un des hommes le regarde, il se redresse droit comme un i et court à la tête du team pour se rendre compte d'un attelage. ”
