Louis-Frédéric Rouquette

Élements biographiques

Louis-Frédéric Rouquette,  L'épopée blanche (1926)

“ Une chambre étroite, un lit de sangle, un escabeau de bois, une table, quelques livres, et, sur le mur, Jésus étend son corps crucifié.
Au loin, la plaine et le lac sous la neige.
Dans l’agonie du jour qui tombe, une ombre passe. C’est le Père Blanchin, l’âme de prêtre la plus haute, la plus sereine, la plus belle qui soit.
Depuis Edmonton, il est avec moi, guide sûr, cœur inépuisable.
Nous entrons, le Père Falher et moi, nous ébrouant comme deux jeunes chiens. Le Père a des glaçons dans sa barbe, j’ai de la neige aux franges de mes cils.
”
Source : Gutenberg

Louis-Frédéric Rouquette,  La Bête Errante: Roman vécu du Grand Nord Canadien

“ Mais la piste fuit avec eux, grise sur la neige blanche. Rien n'apparaît qui justifie une espérance.
Et puis, c'est la nuit...
L'ombre envahit peu à peu le cerveau qui ne perçoit plus les choses. Le corps est mort déjà. La flamme de la pensée est une lueur imperceptible qui vacille au souffle de la douleur.
Hurricane se sent immatériel, son esprit flotte, léger, libéré déjà de toutes les malédictions de la terre.
Le froid n'a plus de prise sur sa chair endolorie. La faim non plus.
Le monde n'existe plus pour lui, la neige est effacée.
”
Source : Gutenberg

Louis-Frédéric Rouquette,  Le Grand Silence blanc

“ Pitié ! ne me fais pas voir cela, Bête !
Et la Bête ricane.
La lumière chasse le troupeau des nuages nocturnes et le soleil surgit, dans un éblouissement. J’ai la hantise du soleil, j’ai faim de lui dans ma nuit polaire.
Ce n’est pas Toi, cette tache laiteuse qui roule dans le ciel blafard, c’est ta contrefaçon... un esprit malin a ravi ta couronne de gloire, ou bien c’est toi qui, pour ne pas voir ces terres désolées, as replié le double éventail de tes rayons.
Grand Roi, on t’a pris ta chevelure lumineuse et tu montes, chauve, au zénith de mes jours.
”
Source : Wikisource

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