Louis-Frédéric Rouquette

Résumé

Louis-Frédéric Rouquette L'épopée blanche (1926)

Une chambre étroite, un lit de sangle, un escabeau de bois, une table, quelques livres, et, sur le mur, Jésus étend son corps crucifié.
Au loin, la plaine et le lac sous la neige.
Dans l’agonie du jour qui tombe, une ombre passe. C’est le Père Blanchin, l’âme de prêtre la plus haute, la plus sereine, la plus belle qui soit.
Depuis Edmonton, il est avec moi, guide sûr, cœur inépuisable.
Nous entrons, le Père Falher et moi, nous ébrouant comme deux jeunes chiens. Le Père a des glaçons dans sa barbe, j’ai de la neige aux franges de mes cils.
Source : Gutenberg

Louis-Frédéric Rouquette L'épopée blanche (1926)

Il sort purifié de son angoisse, son sacrifice n’est pas accompli. Il n’est rien par lui-même qu’un pauvre être souffrant dans sa chair misérable, mais l’esprit de la Toute Puissance, le Paraclet le dirige, il est la manifestation de Dieu.
La bonté, la charité, sont les sœurs jumelles, nées de la douleur, douleur, source de l’héroïsme. Qui n’a pas souffert ne peut se pencher sur la souffrance des autres.
Et la Robe-noire accepte son destin. Lui, comme les autres, comme tant d’autres, il a souffert, il souffre, il souffrira : la vermine, le froid, la faim, l’affreux isolement.
Source : Gutenberg

Louis-Frédéric Rouquette L'épopée blanche (1926)

Alexis Cardinal, métis, et Mgr Taché, évêque d’Arath, le dos rond, le cou rentré, vont au pas, les chevaux secouent les oreilles et font tinter les mors. Le métis songe au printemps disparu, aux courses dans l’herbe parfumée qu’animent l’anémone, l’aster, le tournesol, la rose, aux nuits étoilées dans le camp, aux récits des chasseurs ; à l’aube, aux départs joyeux, dans le piaffement des coursiers et l’impatience des hommes.
Ils vont, du Sud au Nord et de l’Est vers l’Ouest, mobiles dans la Prairie comme les nuages dans le ciel ; on marche des jours et des jours sans changer d’horizon.
Source : Gutenberg

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