Adolphe-Basile Routhier

Résumé

Adolphe-Basile Routhier De Québec à Victoria

Ce fleuve — qui est une des richesses de la Colombie — n’a pas l’azur de la Méditerranée, ni la limpidité du lac Supérieur, ni le vert sombre du Saint-Laurent ; il est jaunâtre et terne.
Il ne mire pas la tente blanche du sauvage, ni l’immense tente bleue du ciel, ni les hauts promontoires qui l’encadrent, ni les cimes neigeuses qui l’alimentent pendant les chaleurs de l’été. On dirait que n’ayant traversé que des solitudes inhabitées, il n’a pu emprunter à la civilisation son vernis et son éclat. Il est sauvage, voilé, opaque et sale.
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Adolphe-Basile Routhier De Québec à Victoria

Ainsi qu’au Désert, l’homme se sent dans la Prairie comme écrasé par la majesté de l’Infini. Il n’y a plus là ni foules humaines, ni murailles de villes qui lui cachent Dieu. Sa souveraineté redoutable l’enveloppe, et il mesure avec terreur toute l’étendue de la divine puissance.
Si, par malheur, il ne connaît pas le vrai Dieu, il se tourne instinctivement vers le ciel, et surtout vers cet astre d’où lui viennent la chaleur et la lumière dont il a besoin, et il lui offre ses hommages comme à une divinité. Aussi les sauvages qui habitent les Prairies ont-ils le culte du soleil.
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Adolphe-Basile Routhier De Québec à Victoria

Le Cris était à la recherche du camp des Pieds-Noirs, et le Pieds-Noirs aurait voulu surprendre le camp des Cris.
Tantôt ils suivaient les sinuosités d’un ruisseau encaissé dans la plaine ; tantôt ils rampaient jusqu’au sommet d’une colline, d’où, couchés dans les foins, ils inspectaient l’horizon. Ils fouillaient du regard tous les plis de terrain, et les moindres broussailles leur servaient d’embuscades.
Dans ce cirque immense qui n’a pas d’autre enceinte que les pans circulaires du firmament et dont l’arène est baignée de vapeurs transparentes, le regard s’étend très loin.
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