Adolphe-Basile Routhier

Élements biographiques

Adolphe-Basile Routhier,  Les Échos

“ Il est là, droit et fier, ce géant d’un autre âge,
Élevant jusqu’au ciel son front majestueux.
Il rit de la tempête, et chante quand l’orage
Vient briser à ses pieds ses flots tumultueux !
Il voit autour de lui les peuples de la terre
Rouler incessamment leurs atômes vivants ;
Il les voit s’agiter dans leur vie éphémère,
Et ceux qu’il a vu naître, il les revoit mourants !
Il regarde à la fois les deux pôles du monde,
L’aurore qui se lève, et le soleil couchant ;
Il jette à l’univers sa parole féconde,
Qui raffermit la foi dans l’âme du passant.
”
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Adolphe-Basile Routhier,  Le Centurion

“ Ô doux prophète de Nazareth, combien il m’était cher !
Je l’aimais d’un amour idéal, comme on aime le Bien, le Vrai et le Beau. Je l’aimais comme j’aimerais Dieu, si je le connaissais.
Depuis longtemps je ne croyais plus à Jupiter, et je me sentais attirée vers Jéhovah ; mais comment croire en lui, quand j’ai vu ses prêtres criminels conduire à la mort le meilleur, le plus innocent et le plus parfait des hommes ?
Ô mère ! Si Dieu a jamais existé, sur terre, c’est Jésus qui l’était ! Mais Dieu ne meurt pas, et Lui... il est mort.
”
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Adolphe-Basile Routhier,  De Québec à Victoria

“ Ce fleuve — qui est une des richesses de la Colombie — n’a pas l’azur de la Méditerranée, ni la limpidité du lac Supérieur, ni le vert sombre du Saint-Laurent ; il est jaunâtre et terne.
Il ne mire pas la tente blanche du sauvage, ni l’immense tente bleue du ciel, ni les hauts promontoires qui l’encadrent, ni les cimes neigeuses qui l’alimentent pendant les chaleurs de l’été. On dirait que n’ayant traversé que des solitudes inhabitées, il n’a pu emprunter à la civilisation son vernis et son éclat. Il est sauvage, voilé, opaque et sale.
”
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