Adolphe-Basile Routhier

Résumé

Adolphe-Basile Routhier En canot

À ce moment le canot glissait comme une flèche entre les arches du pont. Je crie à Patrick d’arrêter, je lui montre au loin la barre d’écume qui les menace. Mais il pousse un cri de joie, et l’instant d’après ils sont arrivés à la batture. Quelques grands coups d’aviron en travers les rapprochent du rivage, et au moment où le canot va toucher les écueils, les deux rameurs l’arrêtent brusquement en plantant leurs avirons entre les pierres, sautent à l’eau qui monte à leurs genoux, le soulèvent d’une main, font quelques bonds, et vingt à trente pieds plus loin rembarquent, et.... vogue le canot.
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Adolphe-Basile Routhier En canot

L’eau du lac s’y précipite avec violence, et bondit en écume de rochers en rochers jusqu’à une distance de plusieurs arpents, où le niveau s’aplanit, et où la rivière prend un cours paisible. Il y a si peu d’eau et tant de cailloux dans ce premier rapide qu’on ne peut songer à le sauter.
Il faut donc faire un portage, et nous partons en avant, suivant un sentier mal tracé à travers le bois. Thomachiche nous suit avec son canot sur les épaules, d’autres portent les bagages, et nous supposons que Patrick et Tienniche forment l’arrière-garde.
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Adolphe-Basile Routhier En canot

Mais Patrick revient, reprend tranquillement sa place à l’avant du canot, en disant : nous allons sauter. Et nos canots s’avancent doucement, prudemment, en rasant le rivage de manière à n’être saisis qu’au dernier moment par l’irrésistible attraction de la chute. On dirait des chats se repliant sur eux-mêmes pour s’élancer plus loin, et de fait nous avons un bond terrible à faire. Il s’agit de passer entre un petit promontoire de roc, taillé à pic, et un gouffre profond qui s’ouvre en face à quelques pieds de distance seulement.
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