Wenceslas-Eugène Dick

Résumé

Wenceslas-Eugène Dick Les pirates du golfe St-Laurent

Et le « Marsouin », bondissant comme son homonyme amphibie sur les vagues démontées, filait toujours, filait éperdument !
Les hauts mornes de Terre-Neuve se noyaient peu à peu dans le brouillard, tandis que les falaises crayeuses de la rive nord accentuaient à vue d’œil leurs assises monumentales et leurs dentelures baignant dans la mer.
Thomas, connaissant mieux que son compère les abords de cette baie du « Diable » où l’on voulait faire escale, remplaça Gaspard à la roue.
Et tout le monde prit position en vue du mouillage : les matelots aux drisses, Gaspard au guindeau.
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Wenceslas-Eugène Dick Les pirates du golfe St-Laurent

Thomas Noël, voyant avec quelle difficulté le « Marsouin » gagnait sur le courant puissant du détroit, se décida à jeter l’ancre sous le vent du Sablon, dans la baie de Forteau.
Dépassant le phare très primitif qui existait alors, il serra de près les crans abrupts du littoral en forme de croissant, longea la courbe hérissée de caps et de mamelons, puis finit par « fourrer » sa goélette, — pour parler son langage, — dans une anse étroite du bras oriental de la baie, dominée à l’ouest par un morne très élevé, qui le dérobait entièrement aux regards.
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Wenceslas-Eugène Dick Les pirates du golfe St-Laurent

Deux baisers échangés... et le capitaine Labarou dévale vers la berge, où l’attend un canot léger, genre youyou.
En un clin-d’œil, il est à bord et pagaie vers le « Vengeur », mouillé en pleine eau, à quelques encâblures au large.
D’un bras nerveux, Arthur fait voler la frêle embarcation d’une lame à l’autre, ne perdant pas un coup d’aviron, comme si le salut de sa femme dépendait de sa célérité.
C’est que, lui aussi, se sent au cœur une appréhension étrange, un malaise indéfinissable, quelque chose comme un pressentiment de danger dont il ne se rend pas compte.
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