Wenceslas-Eugène Dick

Résumé

Wenceslas-Eugène Dick Un drame au Labrador

Le chef de la famille s’appelait Labarou ; le fils, Arthur, et le cousin, Gaspard.
Quant aux deux femmes, l’une répondait au nom de mère Hélène et l’autre au sobriquet de Mimie.
Tout ce petit monde vivait en parfaite intelligence, se contentait de peu et n’avait pas la moindre idée que l’on fût plus heureux ailleurs que sur cette lisière de côte désolée qu’il habitait.
Pour peu que la pêche allât bien, que la tempête ne vînt pas démolir la barque ou abîmer les filets et que le hareng, la morue et le maquereau fissent leur migration au temps voulu, on n’en demandait pas davantage.
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Wenceslas-Eugène Dick Un drame au Labrador

Suzanne, elle, n’avait consenti à se mettre à table que sur les instances de sa mère, qui n’aimait pas à la voir passer ses jours seule dans sa chambre ou errant dans le bois, retournant sans cesse le glaive dans la blessure de son cœur.
Elle ne mangeait guère, la pauvre fille, depuis la catastrophe qui lui avait enlevé son fiancé. Un cercle de bistre entourait ses yeux, qui semblaient agrandis et où brillaient parfois des rayons ophéliens.
Pour tout dire en un mot, Suzanne faisait penser à un jeune arbre frappé de la foudre en pleine sève.
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Wenceslas-Eugène Dick Un drame au Labrador

« Chère Suzette, j’en suis chagrine autant que toi ; mais tu ne dois plus voir ce jeune homme... Un mariage est impossible entre vous... Quelque chose de terrible vous sépare à jamais ! »
— Qui ou quoi peut donc nous séparer, Suzanne ?
— Hélas !
— Votre mère vous l’a dit ?
— Il l’a bien fallu ; je l’ai tant suppliée !
— Et c’est ?...
— Du sang !
Arthur, foudroyé, chancela.
Un moment, la tête penchée, les bras battants, il demeura immobile.
Mais il se secoua aussitôt.
— Adieu ! Suzanne, fit-il virilement. Quand nous nous reverrons, je saurai s’il m’est permis de vous aimer.
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