Julien Thoulet

Résumé

Julien Thoulet Un voyage à Terre-Neuve (1891)

En été, elles ne sont guère troublées par les grands steamers qui glissent au loin le long du Labrador, ni par les marins trop occupés avec la pêche de la morue ou du homard. Quand l'hiver commence, elles demeurent bien seules; elles voient les montagnes toutes blanches, les ruisseaux immobiles, les sapins frangés d'argent, courbés sous le poids de la neige, la baie devenue comme un champ uni et, au delà, les vagues furieuses déferlant sur les glaçons qu'elles s'acharnent à briser et qui, ressoudés par le froid, s'entassent en énormes amas bouleversés pour se briser encore.
Source : Gallica

Julien Thoulet Un voyage à Terre-Neuve (1891)

Je m'habille à la hâte; je monte sur le pont; la nuit est claire, la mer est unie comme une glace. Je distingue au loin trois masses noires qui sont l'île de Saint-Pierre, la petite Miquelon ou Langlade et la grande Miquelon. On aperçoit les deux feux de Langlade à gauche, celui de Galantry à droite. Nous filons à toute vapeur dans la crainte d'être emprisonnés de nouveau par la brume. Nous approchons; les côtes se dessinent, nous rasons Miquelon dont les hautes falaises se dressent à pic, toutes dénudées sauf à leur sommet teinté d'un vert sombre par un tapis de sapins nains.
Source : Gallica

Julien Thoulet Un voyage à Terre-Neuve (1891)

Le chant'de nos merles est un chant de jeunesse et de gaîté dans nos bois, le matin, lorsque l'oiseau s'enfuit au milieu du feuillage trempé de rosée, il nous crie qu'il fait bon vivre et notre tristesse doit être bien profonde pour qu'en l'écoutant, nous ne répétions pas avec lui qu'en effet il fait bon vivre. J'arrive à la mer, près d'un chauffaud où deux hommes et un mousse mettent au sec des capelans, tandis que le capitaine se promène sur la plage, se plaint de la dureté des temps, de l'absence de la morue et invoque l'assistance du Gouvernement.
Source : Gallica

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