Pierre Alexis Ponson du Terrail

Pierre Alexis Ponson du Terrail

Résumé

Portrait de Pierre Alexis Ponson du Terrail Pierre Alexis Ponson du Terrail Pas-de-chance. 1, Mémoires de deux saltimbanques (1866)

Au lointain, dans la brume, la côte d'Afrique semblait sortir de la mer, et le vent s'apaisait.
– Nous sommes sauvés ! dit le prince nègre, qui n'avait pas abandonné les avirons de toute la nuit.
Malgré ses souffrances, Pas-de-Chance avait voulu relayer le Charançon à la barre.
– Ouf ! dit le dernier, si nous déjeunions ?
– Tu es toujours en appétit, murmura Pas-de-Chance avec son sourire mélancolique.
– La vie est faite pour manger, répondit le Charançon.
Et il étala à l'arrière du canot, auprès de son compagnon toujours assis à la barre, la tranche de boeuf, le rhum et le biscuit.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Alexis Ponson du Terrail Pierre Alexis Ponson du Terrail Pas-de-chance. 1, Mémoires de deux saltimbanques (1866)

Le navire tourna sur lui-même ; un matelot coupa d'un coup de hache l'amarre de la pirogue, qui se mit à danser sur la lame, au grand étonnement des gens de la suite du prince, qui n'étaient pas dans le secret de la vengeance du roi nègre.
Le Fowler vira de bord ; deux de ses sabords s'illuminèrent, crachant une pluie de fer et de feu dans la pirogue.
Et la pirogue coula bas et disparut sous les vagues, avec ses morts et ses blessés.
Alors le Fowler s'élança, toutes voiles dehors,
vers la haute mer, comme un étalon fougueux qui brise ses liens pour retourner au pâturage.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Alexis Ponson du Terrail Pierre Alexis Ponson du Terrail Pas-de-chance. 1, Mémoires de deux saltimbanques (1866)

Lui ! fit Josué, une pâte d'homme, le capitaine, mais faut pas s'y fier.
– Monsieur, au nom du ciel ! dit Pas-de-Chance, remettez-moi à terre.
– Pourquoi donc faire ? demanda le capitaine.
– Je veux retourner en France, je veux revoir Paris. Josué lui tapa de nouveau sur l'épaule :
– Mon garçon, dit-il, écoute-moi bien. tu vois le capitaine ! c'est un joli monsieur qui a l'air d'une demoiselle, n'est-ce pas ? Eh bien, jamais personne à bord ne s'est permis de dire « je veux ! » en sa présence.
Pas-de-Chance pria, supplia, pleura, se tordit les mains de désespoir.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature