Pierre Alexis Ponson du Terrail,
Pas-de-chance. 1, Mémoires de deux saltimbanques
(1866)
“ Au lointain, dans la brume, la côte d'Afrique semblait sortir de la mer, et le vent s'apaisait. – Nous sommes sauvés ! dit le prince nègre, qui n'avait pas abandonné les avirons de toute la nuit. Malgré ses souffrances, Pas-de-Chance avait voulu relayer le Charançon à la barre. – Ouf ! dit le dernier, si nous déjeunions ? – Tu es toujours en appétit, murmura Pas-de-Chance avec son sourire mélancolique. – La vie est faite pour manger, répondit le Charançon. Et il étala à l'arrière du canot, auprès de son compagnon toujours assis à la barre, la tranche de boeuf, le rhum et le biscuit. ”
