Maurice Barr

Résumé

Maurice Barr Mémoires d'une poule noire (1868)

J'oubliai tout: et la Marione et la bague, et même la Lisa.
Je me précipitai, battant des ailes, caquetant, criant, faisant la folle, et, pour leur prouver toute ma joie de les revoir, je m'élançai sur l'épaule du petit Paul — ce que je n'avais encore jamais fait, — et celui-ci, heureux et fier, ouvrit la marche, suivi de son frère, du côté du verger et de la prairie.
— Les foins ! les foins! s'écria Pierre, oh ! quel bonheur! Nous allons grimper sur les meules. Viens donc vite, Paul! viens, la Noirette! allons, montons à l'abordage, comme dit mon oncle !
Source : Gallica

Maurice Barr Mémoires d'une poule noire (1868)

J'avais le cou tendu, le bec ouvert, les yeux à demi fermés, et mes pattes roidies faisaient de vains efforts pour dégager ma gorge de ce qui la gênait si fort.
Je vis alors un petit bout de fil qui sortait de mon bec, et, pensant que c'était cela qui m'embarrassait, je fis de grands efforts de pattes et de bec pourle saisir et le tirer, mais sans y réussir.
La Margot qui rôdait dans la cour, mordant à belles dents une épaisse tranche de pain beurré, vit mes mouvements singuliers.
— Qu'est-ce qu'elle a donc qui la gêne, la poule noire?
dirait-on pas qu'elle étrangle?.
Source : Gallica

Maurice Barr Mémoires d'une poule noire (1868)

Le craquement des mâts, le grincement des poulies, le sifflement du vent dans les manœuvres, le fracas des vagues, les éclats du tonnerre, formaient une musique infernale, et Vol-cil l'Air affirma qu'elle était beaucoup moins agréable que la guimbarde des pitchouns.
A ce moment, M. Timothée parut sur le pont, et s'accrochant à tout ce qui se trouvait sous sa main, s'avança vers le capitaine, le visage pâle, les mains tremblantes.
D'une voix étranglée par la frayeur, il demanda si le navire courait quelque danger.
— Ce n'est qu'un grain ! lui cria le capitaine.
Source : Gallica

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