Céline Fallet

Résumé

Céline Fallet Le Robinson de la jeunesse (1863)

Un soir qu'ils demeuraient silencieusement assis au bord de cette mer immense qui les séparait de leur pays, Prosper attira Jeanne sur ses genoux, et, tendant une main à Émile, l'autre à Gaston, il leur dit d'une voix étouffée :
— Mes amis, mes chers amis, nous sommes bien malheureux !... Nous sommes d'autant plus malheureux, ajouta-t-il après un moment de silence, que nous nous faisons une loi de concentrer notre chagrin. Chacun de nous veut être plus sage et plus fort que les autres ; mais s'il y en a réellement un qui soit sage et fort, son devoir est de nous aider à le devenir.
Source : Gallica

Céline Fallet Le Robinson de la jeunesse (1863)

Tu ne t'en plaindras pas trop, n'est-ce pas, ma petite Jeanne ? car tu nous ferais de la peine, à Gaston et à moi.
— Mais s'il n'y a pas de ville ni de village, comment nous passerons-nous de maison, quand l'hiver viendra?
— Il n'y a pas d'hiver dans la zone torride, répondit Gaston, et nous sommes encore entre les Trois-Piques, comme disait le pauvre Serre-la-Voile, le jour où il représentait le sultan de la Ligne.
— Non, il n'y a pas d'hiver ; seulement il y tombe de grandes pluies qui nous empêcheront, comme le froid, de coucher à la belle étoile, ajouta Prosper.
Source : Gallica

Céline Fallet Le Robinson de la jeunesse (1863)

Gaston n'était guère plus rassuré que la pauvre enfant; mais Prosper, qu'Émile avait prévenu d'avance, avait fait provision de courage, et paraissait si calme, qu'un peu de confiance revint au cœur de ses jeunes amis.
Dieu tient sans cesse notre vie entre ses mains, leur disait-il ; un seul acte de sa volonté suffit pour en trancher le fil ; il n'a pas besoin, pour reprendre cette existence qu'il nous a donnée, de déchaîner contre nous la foudre, le vent et les flots. Ne craignez donc rien :
si grand que soit le péril, sa bonté saura bien nous y soustraire.
Source : Gallica

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