“ Regardez comme ils se parlent. Ils ne nous ont seulement pas vues. Attendez, mère Vionnaz, laissez-moi entrer chez vous, et nous nous cacherons là, derrière la haie, pour entendre ce qu’ils diront. Sans attendre une réponse, Julie remonta lestement de quelques pas, ouvrit la petite barrière du jardin et revint se pelotonner sous la haie, près de la vieille femme, qui l’imita. Elles attendirent ainsi, échangeant des signes, et cherchant à glisser le regard par les interstices de la haie, le visage allongé comme deux fouines en embuscade. ”
Haie
Définition et enjeux
Une haie est une structure végétale linéaire, associant arbres, arbustes et plantes, souvent implantée et entretenue pour former une clôture ou un refuge écologique. Ce thème a donné lieu à des réflexions diverses : Bernardin de Saint-Pierre en célèbre la beauté naturelle, décrivant ses fleurs et ses fruits comme des éléments de décoration, tandis qu’Édouard Blanc utilise la haie comme métaphore symbolique dans ses écrits.
Claude Tillier, quant à lui, met en avant son rôle protecteur, opposant ses épines à l’intrusion tout en offrant un refuge à la faune. Ces visions, issues de sources littéraires et botaniques, illustrent la dualité fonctionnelle et symbolique de la haie, entre délimitation des territoires et richesse écologique. La qualification des haies comme « écosystèmes particuliers » et leur rôle dans la régulation du carbone soulignent leur importance environnementale, confirmant leur place centrale dans l’histoire agraire et paysagère.
Citations sur l'haie
Bernardin de Saint-Pierre, L'Arcadie; suivie de La pierre d'Abraham
“ Chaque année dégrade un mur, et fortifie une haie ; chaque année, un mur consomme des pierres, et une haie produit du bois. D’ailleurs, une haie est une décoration. Une belle haie présente seule le spectacle d’un beau jardin. Voyez ces pruniers sauvages, dont les fruits naissants sont semblables à des olives. Ces sureaux voisins parfument l’air de leurs bouquets de fleurs en ombelles ; ces houx opposent leur vert lustré et leurs grains écarlates aux nuages blancs des fleurs de l’aubépine ; l’églantier jette çà et là ses guirlandes de roses, relevées d’un vert tendre. ”
Edouard Blanc,
Revue des Deux Mondes
“ Sur la haie, tout autour du jardin, il y avait des crânes humains, emmanchés aux pieux de la clôture, et, dans le jardin, il y en avait d’autres sur les tuteurs des plantes, ou disséminés çà et là, comme des pavots sur leurs tiges. ”
