Résumé

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Souvenirs entomologiques - Livre I

Son air audacieux, sa rude démarche, sa tournure belliqueuse, longtemps m'ont fait soupçonner, pour son gibier, quelque capture impossible, atroce, inavouable. Et je rencontrais juste. Cette proie, je l'ai vue, à force d'attendre et d'épier; je l'ai vue entre les mandibules du chasseur. C'est la Tarentule à ventre noir, la terrible Araignée qui, d'un coup de son arme, extermine net un Xylocope, un Bourdon; c'est l'Aranéide qui tue un moineau, une taupe; c'est la redoutable bête dont la morsure ne serait peut-être pas sans danger pour nous.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Souvenirs entomologiques - Livre I

Oui, l'Araignée est bien digne d'étude, même en dehors de toute préoccupation scientifique; mais on la dit venimeuse, et voilà son crime, voilà la cause première des répugnances qu'elle nous inspire. Venimeuse, d'accord, si l'on entend par là que la bête est armée de deux crochets donnant prompte mort à la petite proie saisie; mais il y a loin entre mettre à mal un homme et tuer un moucheron. Si foudroyant qu'il soit sur l'insecte enlacé dans la fatale toile, le venin de l'aranéide est sur nous sans gravité et produit moins d'effet que la piqûre d'un cousin.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Souvenirs entomologiques - Livre I

La chenille de l'Ammophile, le taon du Bembex, le bupreste et le charançon du Cerceris, l'acridien, le grillon, l'éphippigère du Sphex, tout ce gibier pacifique, c'est l'imbécile mouton de nos abattoirs; cela se laisse opérer par le paralyseur sans grande résistance, stupidement. Les mandibules bâillent, les pattes ruent et protestent, la croupe se contorsionne, et c'est tout. Ils n'ont pas d'armes qui puissent lutter avec le stylet de l'assassin.
Source : Gutenberg

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