“ Lorsqu'une Osmie exploite les constructions d'autrui, s'établit dans un trou peu profond ou dans la coquille d'une Hélice de taille médiocre, elle n'édifie dans ces cavités qu'un nombre restreint de cellules, qui ne peuvent donner la mesure de sa ponte. On n'a ainsi que des pontes partielles. Quand l'Osmie se fait une galerie à elle, nous savons que c'est en général un long tube, où peuvent s'étager un nombre considérable de cellules. On a beaucoup de raisons de croire, en pareil cas, que ces cellules représentent une ponte totale, ou peu s'en faut. ”
Osmie
Définition et enjeux
Citations sur “Osmie”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
(1890-1900)
“ Encore un résultat que j'enregistre volontiers pour l'histoire des habitants de la ronce. Si l'Osmie, si l'Anthidie et probablement d'autres, sont dans l'impuissance de sortir par l'habituelle voie, un parti héroïque est pris, et l'étui est perforé sur le côté. C'est l'ultime ressource, celle à laquelle on se résout après avoir essayé vainement les autres moyens. Les vaillants, les forts réussissent ; les faibles succombent à la peine. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes…
(1920-1924)
“ Enfin celui d'en bas appartient à une Osmie femelle, et celui d'en haut à une Osmie mâle. Plus rarement, la longueur du goulot permet une disposition nouvelle, et la cavité est partagée en trois étages. Celui d'en bas, toujours le plus spacieux, contient une femelle ; les deux d'en haut, de plus en plus réduits, contiennent des mâles. Tenons-nous-en au premier cas, le plus fréquent de tous. L'Osmie est en présence de l'une de ces cavités en forme de poire. C'est la trouvaille qu'il faut utiliser du mieux possible : pareil lot est rare et n'échoit qu'aux mieux favorisées du sort. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
“ Les larves de l’Osmie savent, en effet, s’enfermer dans un cocon ovoïde, d’un brun foncé, très solide, qui les met à la fois à l’abri du rude contact de leurs cellules informes et des mandibules de parasites voraces, Acariens, Clairons, Anthrènes, ennemi multiple qu’on trouve rôdant dans les galeries, quaerens quem devoret. C’est au moyen de cette balance entre les talents de la mère et ceux de la larve que l’Osmie et l’Anthophore échappent, dans leur premier âge, à une partie des dangers qui les menacent. ”
Louis-François Jéhan, Esquisses des harmonies de la création… (1841)
“ Elle saisit son ennemie avec ses mandibules ; celle-ci, selon l'habitude des Chrysides, se contracta aussitôt en boule, et si parfaitement, que ses ailes seules dépassaient. L'Osmie, ne pouvant la blesser, attendu que ses mandibules n'avaient aucune prise sur un corps aussi lisse, lui coupa les quatre ailes au ras du corselet, et la laissa tomber à terre. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes…
(1920-1924)
“ L'Osmie, on le voit, est très économe du logement qui lui est échu ; elle l'utilise de son mieux, donnant aux femelles les amples chambres du Chalicodome, aux mâles les étroits vestibules, subdivisés en étages s'il y a possibilité. L'économie de l'espace est pour elle une condition majeure, ses goûts casaniers ne lui permettant pas des recherches lointaines. Elle doit employer tel quel, tantôt pour l'un, tantôt pour l'autre sexe, l'emplacement que le hasard a mis à sa disposition. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes…
(1920-1924)
“ Il y en a bien chez l'homme. Dans le secret de ses réduits naturels, l'Osmie se conduit, je n'en doute pas, comme dans mes galeries-transparentes. Sur la fin des travaux, elle viole les demeures d'autrui. En se bornant à la première loge, qu'il n'est pas besoin de vider pour parvenir aux suivantes, elle peut utiliser les provisions présentes et abréger d'autant la partie la plus longue de son travail. Comme de semblables usurpations ont eu largement le temps de s'invétérer, de s'incarner dans la descendance, je demande un dérivé de l'Osmie qui mange l'oeuf de son aïeule pour établir le sien. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes…
(1920-1924)
“ L'Osmie en a fermé l'orifice débouchant dans le grand canal ; et c'est uniquement ce dernier qui a reçu la ponte. Ce déchet était inévitable. Les Osmies femelles, quoique toujours supérieures de taille aux mâles, présentent entre elles de notables différences ; il y en a de plus grosses, il y en a de plus petites. J'ai dû proportionner le calibre des galeries étroites aux dimensions moyennes. Il peut se faire donc que telle et telle autre galerie soient insuffisantes pour donner accès à des mères de taille avantageuse auxquelles le hasard les fait échoir. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
“ Chacune d’elles, du moment que la gravité n’intervient pas et la laisse indifférente pour les deux extrémités du tube, est susceptible de deux positions suivant qu’elle choisit la sortie de droite ou la sortie de gauche. Avec chacune des deux positions de cette première Osmie peut se combiner chacune des deux positions de la seconde : ce qui donne en tout 2 x 2 = 22 arrangements. À leur tour, chacun de ces 2 puissance 2 arrangements peut se combiner avec chacune des deux positions de la troisième Osmie. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
(1890-1900)
“ Je l'ai extraite une fois de galeries creusées par quelque larve xylophage dans le tronc mort d'un poirier sauvage, galeries utilisées plus tard pour les cellules d'une Osmie, j'ignore laquelle. Enfin, j'en ai trouvé une paire intercalées dans la série de cocons de l'Osmie tridentée (Osmia tridentata Duf.) , qui pour domicile donne à ses larves un canal creusé dans les tiges sèches de la ronce. Il s'agit donc d'un parasite des Osmies. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques - Livre I
“ Les mêmes gâteaux sont fréquentés par deux Osmies (Osmia tricornis et Osmia Latreillii) , qui construisent leurs cellules dans les galeries laissées à leur disposition par les Chalicodomes. La plus abondante est la première, l'Osmie à trois cornes. L'occasion était trop belle de s'informer un peu à quel point la sensibilité directrice se généralise chez les hyménoptères; je l'ai mise à profit. Eh bien! les Osmies (Osmia tricornis) , tant mâles que femelles, savent retrouver le nid. ”
Léonce de Lavergne,
Dictionnaire encyclopédique usuel…
(1858)
“ OSMIE, genre d'insectes de l'ordre des hyménoptères, section des porte-aiguillons, famille des mellifères, tribu des apiaires. apiaires. corps est généralement oblong, plus étroit dans les mâles que dans les femelles, velu ou pubescent et pointillé. Quelques unes des osmies sont maçonnes, les autres coupeuses de feuilles ou de pétales. OSMIUM , l'un des cinquante-deux corps simples, ainsi appelé à cause de son odeur tellement piquante, qu'elle fait perdre l'odorat pour quelques jours. C'est un métal solide, pulvérulent, d'une couleur noiratre. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes…
(1920-1924)
“ En fendant les bouts de ronce dans le courant de juillet, on reconnaît aussi que l'Osmie tridentée, malgré son étroite galerie, suit de loin la pratique de l'osmie de Latreille. Elle n'édifie point de diaphragme, le diamètre du canal ne le permettant pas ; elle se borne à élever un faible bourrelet circulaire de pâte verte, comme Pour délimiter, avant toute récolte, l'espace que doit occuper la pâtée, cette pâtée dont l'épaisseur ne pourrait être évaluée plus tard, si l'insecte ne lui traçait d'abord des limites. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
“ Le bout de ronce est vertical, ou peu éloigné de cette direction ; son orifice est en haut. Voilà la règle dans les conditions naturelles. Mes artifices peuvent modifier cet état de choses : il m’est loisible de tenir le tube vertical ou horizontal ; de diriger son orifice urique son vers le haut, soit vers le bas ; enfin de laisser le canal ouvert aux deux bouts, ce qui donnera double porte de sortie. Que se passera-t-il dans ces diverses conditions ? C’est ce que nous allons examiner avec l’Osmie tridentée. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes…
(1920-1924)
“ Avec cette population qui récolte, en circule le une autre, moins nombreuse, qui simplement s'abreuve, l'époque des nids n'étant pas encore venue pour elle. C'est la population des Osmies, à peau cuivreuse et toison son d'un roux vif. Deux espèces sont accourues prendre part aux joies de l'Amandier : d'abord l'Osmie cornue, habillée de velours noir sur la tête et la poitrine et de velours roux sur le ventre ”
Henri Coupin, Les arts et métiers chez les animaux (1902)
“ Malgré leur aspect élégant et délicat, ce sont des ouvrières habituées aux gros ouvrages, passant même une bonne partie de leur vie à malaxer la boue pour en faire du mortier. Pas même maçonnes comme leurs frères les Chalicodomes, elles ne sont que plâtrières. Ignorantes de la chimie des ciments hydrauliques que ceux-ci confectionnent avec la poussière des chemins de fer mélangée avec de la salive, les Osmies se con- tentent d'édifier leur nid avec de la vulgaire boue qu'elles recueillent et appliquent sans préparation spéciale. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
(1890-1900)
“ Osmies ont la tête dirigée vers le haut, elles attaquent la cloison supérieure, ainsi que cela se passe dans les conditions normales ; si elles ont la tète dirigée vers le bas, elles se retournent dans leurs loges et travaillent comme à l'ordinaire. ”
Antoine-Jacques-Louis Jourdan, Dictionnaire raisonné, étymologique… (1834)
“ Berzelius nomme oxide ( Os- rmumsesquioxydul, all.) et sulfure ovmieux les seconds degrés d'oxida- tion et de sulfuration de l'osmium; sèls osmieux, les combinaisons de ces composés avec les acides et sulfides, et ceux de l'osmium avec les corps halogènes qui leur correspondent pour la composition. SUSOSMIQUE , adj., superosmicus. Berzelius appelle sulfure susosmique le quatrième degré de sulfuration de l'osmium , et chlorure susosmique celle des combinaisons du métal et du chlore qui correspond à l'acide osmique quant à la composition. ”
Mathieu-Joseph-Bonaventure Orfila, Éléments de chimie. Tome 1 (1843)
“ Le quatrième oxyde, ou acide osmique, se prépare soit directement, en chauffant l'osmium au rouge avec le contact de l'air ou de l'oxygène, soit en soumettant à l'action de l'acide azotique bouillant de l'osmium métallique ou l'un de ses minerais. Il est cristallisé en prismes blancs flexibles, d'une odeur forte et pénétrante comme celle du chlore; il est très volatil, et sa vapeur très irritante. Il est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther ; il noircit sur-le-champ lorsqu'il est mis en contact avec des matières organiques ; il est également réduit par le fer, le zinc et l'étain. ”
Jules Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine… (1880-1884)
“ La condition première pour étudier l'osmose et pour chercher à en découvrir les lois, c'est de l'isoler, autant que possible, de tout ce qui n'est pas elle. Or, suivant nous, la meilleure, je dirai même la seule méthode possible pour arriver à déterminer la théorie physico-cliimique de l'osmose, c'est d'employer, non des corps solides, ni même des corps dissous, mais des corps à l'état liquide en vertu de leur constitution propre ; tels sont l'alcool, l'esprit de bois, l'essence de térébenthine, l'huile, l'éther, etc. ”
A. Dastre, Revue des Deux Mondes
“ La force osmotique qui prend naissance dans des circonstances si simples et, pour ainsi dire, à si peu de frais, peut atteindre une énergie extrême. Nous verrons qu’on employant un artifice convenable pour consolider la membrane, on peut avec une solution de sucre et de l’eau distillée soulever une colonne de liquide à la hauteur de plusieurs mètres. En somme, l’osmose se manifeste par trois effets : un effet dynamique, force ou pression osmotique, et des effets de mélange et de changement de volume dus à la pénétration réciproque des deux liquides. ”
Mathieu-Joseph-Bonaventure Orfila, Éléments de chimie. Tome 1 (1843)
“ Un excellent caractère pour reconnaître la présence de l'osmium, consiste à placer un peu de ce métal sur le bord d'une feuille de platine, et à porter celle-ci dans la flamme de l'alcool de manière à chauffer l'osmium. La partie de la flamme qui s'élève le long de la feuille devient brillante près de l'osmium, comme si elle provenait du gaz oléfiant. (Berzélius, Ann. de Chim., mars 1829.) ”
Léon Gigot-Suard, Recherches expérimentales sur la nature des émanations marécageuses et sur les moyens d'empêcher… (1859)
“ Notre confrère n'ignore pas que si nous ne savons encore rien sur la nature des miasmes, nous n'en savons pas davantage sur celle de l'ozone. Ainsi, considéré" d'abord comme de l'oxygène dans un état particulier d'activité chimique qui lui serait imprimé par l'électricité, l'ozone est, selon quelques savants, de l'oxigène naissant, et, selon d'autres, un composé nouveau d'hydrogène et d'oxygène ou oxide d'hydrogène. A peine l'ozone eut fait son entrée dans le monde scientifique, qu'on lui attribua bientôt un rôle physiologique important. ”
A. Dastre, Revue des Deux Mondes
“ II La question de l’osmose n’est pas, en effet, une question isolée intéressant les chimistes et les physiciens, ni plus ni moins que toute autre : c’est en quelque sorte un problème central, une colonne de l’édifice. Elle est devenue comme le carrefour et le nœud d’une science particulière. Celle-ci, la chimie physique ou physicochimie, s’est taillé son domaine, depuis vingt-cinq ans, sur les confins des deux sciences autrefois distinctes qu’elle rattache et relie entre elles. ”
A. Dastre, Revue des Deux Mondes
“ Aujourd’hui, en effet, l’on fait jouer à l’osmose un rôle capital en Physiologie générale. On comprendra l’importance que prennent les forces osmotiques en biologie, si l’on veut bien considérer que les conditions du phénomène sont précisément réalisées dans tous les organismes vivans et dans toutes leurs parties jusqu’aux plus petites, c’est-à-dire jusqu’aux élémens anatomiques, jusqu’à la cellule. Partout on y rencontre des liquides capables de se mélanger, séparés par des membranes qu’ils peuvent mouiller. La force osmotique y constitue le rouage intime du mouvement des liquides. ”
Wilhelm Ostwald,
L’Évolution d’une science : la Chimie
“ Par exemple, l’oxygène étant seize fois plus dense que l’hydrogène, on devait conclure qu’un atome d’oxygène pèse seize fois plus qu’un atome d’hydrogène. Alors, un atome d’eau était formé de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène. Tout cela allait très bien, mais les difficultés commencèrent pour la vapeur d’eau : un atome d’oxygène et deux atomes d’hydrogène ne peuvent donner plus d’un atome d’eau ; la vapeur d’eau devait alors occuper le même espace que l’oxygène qui entre dans sa composition. Mais elle occupe, en réalité, le volume de l’hydrogène, c’est-à-dire un volume double. ”
A. Dastre, Revue des Deux Mondes
“ Toute molécule quelle qu’elle soit exerce en dissolution la même pression osmotique. Telle est, dans son élégante simplicité, la loi fondamentale de l’osmose. La liaison de la force osmotique au nombre des molécules a été un trait de lumière. Tous les problèmes les plus profonds que soulève le jeu de cette force, l’une des plus générales de la nature, en ont été éclairés subitement. Les tables de chiffres qui résument les expériences de Dutrochet, de Pfeffer et de H. de Vries en reçoivent une haute signification. ”
Hubert Valérius,
Les applications de la chaleur…
(1879)
“ L'oxygène doit arriver sous une pression de 4 à 5 centimètres de mercure. On évalue la température de fusion du platine à environ 2000°. L'osmium est moins fusible encore, de même que l'iridium et le rhodium. Pour fondre l'osmium, MM. Deville et Debray introduisent ce métal dans un creuset de charbon de cornue, placé lui-même dans un creuset de chaux vive, qui, à son tour, se trouve dans un fourneaux disposé à peu près comme celui qui leur a servi à fondre le platine. ”
Jules Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine… (1866)
“ Les mouvements d'osmose peuvent être, au point de vue physico-chimique, considérés comme des phénomènes moléculaires de chaleur latente. La force avec laquelle ils se produisent est lente, successive, mais elle a une énergie considérable. M. Dutrochet évalue qu'elle peut faire équilibre à plusieurs atmosphères. ”
Louis Félix Henneguy,
Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique…
(1896)
“ C'est le tétroxyde d'osmium, Os O4, seul composé un peu stable de ce métal, à ce que nous croyons. Elle est extrêmement volatile, et sa solution aqueuse se réduit avec une extrême facilité par le contact avec des substances organiques. On croit généralement que la lumière seule suffit à réduire les solutions d'acide osmique. C'est là une erreur ; nous avons vu maintenir Un flacon de cette solution pendant six mois exposé au soleil du Midi, sans qu'il se fût produit le moindre précipité. Mais le moindre grain de Poussière organique suffit à déterminer la réduction. ”
Louis Ranvier,
Leçons sur l'histologie du système nerveux…
(1878)
“ Il importe d'abord qu'if y ait la plus grande quantité possible d'acide osmique réduit, car l'or ne se fixe que sur les points où il se trouve de l'osmium ; on doit donc se servir, pour l'injection interstitielle, d'une solution forte, à 2 pour 100. Ensuite il faut enlever des morceaux de l'organe très-petits et les laisser plongés dans la solution d'acide osmique pendant quarante-huit heures. Après avoir dissocié les lames électriques, il convient de les laver à plusieurs reprises dans de l'eau distillée; on les conserve dans de l'alcool au tiers. ”
