Résumé

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes… (1920-1924)

La vie, dans sa généralité, n'est qu'un immense brigandage. La nature se dévore elle-même ; la matière se maintient animée en passant d'un estomac à l'autre. Au banquet des existences, chacun est tour à tour convive et mets servi ; aujourd'hui mangeur, demain mangé ; hodie tibi, cras mihi. Tout vit de ce qui vit ou a vécu ; tout est parasitisme. L'homme est le grand parasite, l'accapareur effréné de tout ce qui est mangeable. Il dérobe le lait à l'agneau, il dérobe le miel aux fils de l'Abeille comme la Mélecte usurpe la pâtée des fils de l'Anthophore.
Source : Gallica

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes… (1920-1924)

C'était bien, dès le début, la larve de l'Anthrax, le cylindre d'un blanc crémeux, avec petit bouton céphalique suivi d'une gibbosité. Sans retard, appliquant sa ventouse sur le Chalicodome, le ver a commencé son repas, dont la durée est encore d'une quinzaine de jours. On sait le reste.
Avant d'en finir avec l'animalcule, donnons quelques lignes à son instinct. Il vient d'éclore à la vie sous les morsures du soleil. Son berceau est l'âpre superficie de la pierre ; les rudesses minérales l'accueillent au monde, lui filament d'albumine à peine coagulée.
Source : Gallica

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Souvenirs entomologiques : études sur l'instinct et les moeurs des insectes… (1920-1924)

A la gent laborieuse qui pacifiquement maçonne, ourdit, tisse, mastique, récolte, chasse et met en magasin, se mêle la gent parasite qui rôde, affairée, d'un domicile à l'autre, fait le guet aux portes et surveille l'occasion fevorable d'établir sa famille aux dépens d'autrui.
Navrante lutte, en vérité, que celle qui régit le monde
de l'insecte et quelque peu aussi le nôtre ! A peine un travailleur a-t-il, s'exténuant, amassé pour les siens, que les improductifs accourent lui disputer son bien. Pour un qui amasse, ils sont parfois cinq, six et davantage acharnés à sa ruine.
Source : Gallica

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