“ Ô Marouts, (dieux) rapides, formidables et furieux, vous avez pour père le brillant (Roudra) . Rien ne l’emporte sur vous pour la force et la vigueur. Sur votre route tout ce qui voit la lumière est courbé. 3. Donnez à vos riches (serviteurs) une large abondance. Que les Marouts se plaisent à nos accents. Que la fatigue de la route n’arrête point leur troupe ; qu’ils nous comblent de leurs biens les plus désirables. 4. Ô Marouts, le sage avec votre secours possède une multitude de trésors ; avec votre secours, le héros est vainqueur, et acquiert mille dépouilles ”
Citations sur “marauder”
François-Marie Luzel,
Chants populaires de la Basse-Bretagne
“ ERVOANIK LE LINTIER.PREMIÈRE VERSION.______ I La malédiction des étoiles et de la lune. Celle du soleil, quand il brille sur la terre, La malédiction de la rosée qui tombe en bas, Je les donne aux marâtres ! Je les donne aux marâtres, Elles sont pires dans le pays que la mort : La mort ne fait que tuer, Et celles-là font détruire !II J’étais un petit enfant bien élevé, Quand arriva une marâtre dans la maison de mon père ; Quand arriva une marâtre dans la maison de mon père, Et depuis, je n’ai pas eu bonne vie. ”
“ Tels que de (jeunes) et beaux fiancés, les Marouts, enfants du Ciel, se font une brillante parure des sombres nuages. Revêtus de couleurs variées, ils s’agitent, et se développent pareils à d’invincibles Adityas. 3. Ils dominent le ciel et la terre, comme le soleil domine le nuage ; semblables à de vaillants héros avides de gloire, à de brillants guerriers vainqueurs de leurs ennemis. 4. Sous vos pieds se rassemblent les eaux, et la Terre cesse alors de craindre et de trembler. Ce sacrifice, avec toutes ses formes, se dresse en votre honneur. Venez tels que des convives invités à un festin. ”
Molière,
Oeuvres de Molière
(1874)
“ MORON. Oh! que la princesse est d'une étrange humeur, Et qu'à suivre la chasse et ses extravagances Il nous faut essuyer de sottes complaisances ! Quel diable de plaisir trouvent tous les chasseurs De se voir exposés à mille et mille peurs? Encore si c'était qu'on ne fût qu'à la chasse Des lièvres, des lapins, et des jeunes daims, passe : Ce sont des animaux d'un naturel fort doux, Et qui prennent toujours la fuite devant nous, Mais d'aller attaquer de ces bêtes vilaines Qui n'ont aucun respect pour les faces humaines. ”
“ Avec l’aide des Marouts, un héros est redoutable dans les combats ; avec l’aide des Marouts, un coursier est toujours vigoureux. 24. Ô Marouts, puisse (notre chef) être un homme fort et généreux, capable d’être notre soutien ! Qu’avec lui, pour obtenir une heureuse demeure, nous traversions les eaux ! Que nous puissions même nous hasarder dans votre propre séjour ! 25. Qu’Indra, Varouna, Mitra, Agni, les Eaux, les Plantes, les Arbres, nous favorisent. Puissions-nous être sous la puissante protection des Marouts ! Et vous, secondez-nous toujours de vos bénédictions. ”
Théodore Maurer, Fleurs morvandelles (1906)
“ Si vous passez au champ pour aller vers les bois, Le pinson dit à la brise musicienne : (Et l'on croit deviner des larmes dans sa voix.) « Je ne chanterai plus avant qu'elle revienne! » Tout vous appelle ; tout met en vous son espoir ; Parce que tout vous aime, et d'une amour pareille. La claire source dit : « Je serai ton miroir. » « Viens; pour toi je butine un miel pur! dit l'abeille. » Fiers de leur vain pouvoir, des princes sont jaloux De voir se déployer au vent leurs oriflammes; Mais pour toi, Reine enfant, quelque chose est plus doux : Faire battre les coeurs et se donner les âmes. ”
Robert Southey, Roderic, le dernier des Goths (1840)
“ Mais, sois bien attentif, ô chef !souvent la peur Qui fascine les yeux est un guide trompeur: Je pénètre aujourd'hui le fond de ta pensée ; Aux maures, tu le crois, la victoire est aisée : Le peu que dans ces lieux on compte de guerriers Suivant toi périront foulés par leurs coursiers. Mais crains de dédaigner un avis salutaire, Surtout de provoquer le ciel dans sa colère : Si dans les rangs du maure on te trouve jamais On te rendra justice à l'arbre le plus près, Où, des vents le jouet, des corbeaux la pâture , Ton corps sera bientôt l'effroi de la nature. ”
“ Dignes de nos hommages, ils vont, ils se précipitent, abattant ce qui est solide, exerçant leur dur empire, et armés de traits resplendissants. 12. Nous invoquons ces enfants de Roudra, sages, purs, redoutables, et dispensant la pluie. Honorez, pour votre bonheur, cette famille des Marouts, forte, libérale, victorieuse, et parcourant le domaine des airs. 13. Ô Marouts, le mortel que vous protégez surpasse tous les autres en puissance ; ses coursiers ont de gras pâturages, ses gens ont la richesse ; il voit croître son opulence et la renommée de ses sacrifices. ”
H. Emile Chevalier, Le chasseur noir
“ Non, je ne suis pas vieux, ni de corps, ni d'esprit, car le maître de la vie, en me donnant un brin d'intelligence a balancé le compte par un coeur plein d'espoir et de dispositions joyeuses. Je n'aime pas les soucis et ne les ai jamais engendrés, quoique dans ma famille il y eût des gars qui ne faisaient qu'enfanter des soucis et qui sont morts sans rien payer pour ça, ô Dieu, oui! votre serviteur! Mais vois... les chiens sont sur la trace, car voilà Maraudeur qui rencontre en haut du plateau et Infortune qui goûte une voie derrière lui. ”
Étienne Hervier, Fatime, ou les Soirées du génie Azaël… (1846)
“ Non content de scruter le séjour des orages Où la science humaine a fait tant de naufrages, 34 FATIME. Où tant de grands rêveurs ont déjà voyagé, Et d'où chacun descend, triste et découragé, Il s'élance plus haut, plus haut, il se promène, Sur les beaux diamants du céleste domaine; Et son regard s'y plonge et, dans sa noble ardeur, Il soulève les plis de cette profondeur. Que son oeil fatigué, sur le vallon, retombe, Il ne revoit, en lui, qu'un mortel, sur sa tombe, Un marabout ! ce nom a fait évanouir (3) Les rêves orgueilleux qui venaient l'éblouir ; Un marabout ! ”
Théodore Maurer, Les femmes de Shakespeare : sonnets… (1901)
“ Mais, venus des vallons, des collines venus, Accourent les bergers; et leur joie est si vive Que le rire se mêle à leur chanson naïve, Quand de l'Enfantelet ils baisent les pieds nus. En des coffrets de cèdre enveloppés d'un voile, Apportant et la myrrhe et l'encens, les trois Rois, Dans des feux d'escarboucle et des éclairs d'orfrois, Paraissent, s'arrêtant quand s'arrête l'Étoile. Après qu'ils ont rendu leur hommage à l'Enfant. Les Rois se sont remis en route dans la neige ; Et, longtemps, du côté que suit le noir cortège, On entend dans la nuit barrir un éléphant. ”
“ Ô Marouts ! quand à votre char vous attelez vos daims, amenant le nuage pour fertiliser nos champs, alors les gouttes d’eau, perçant comme la peau de ce (nuage) bienfaisant, viennent inonder la terre. 6. Que vos rapides coursiers vous transportent ; venez d’un pas léger, et les bras (chargés de présents) . Asseyez-vous sur le cousa ; une large place vous y est faite ; ô Marouts ! rassassiez-vous de nos douces offrandes. 7. Forts de leur propre puissance, ils grandissent ; ils s’établissent au ciel, et s’y étendent. ”
Théodore Pavie,
Revue des Deux Mondes
“ Rapides et animés d’un même esprit, venez avec bonté, ne vous éloignez pas, vous qui faites courber les êtres les plus forts. — Ô grands Marouts,... venez aujourd’hui à notre sacrifice sur vos chars brillans aux roues solides... — Nous connaissons la force terrible de ces fils de Roudra, de ces puissans Marouts qui lancent l’onde rapide et pénétrante. — Ils se précipitent sur les mondes, d’autant plus tourmentés qu’ils sont plus solides ; ils confondent le ciel et la terre. Les airs frémissent quand vous venez, brillans et couverts de vos armures éclatantes. ”
Théodore Maurer, Fleurs morvandelles (1906)
“ Lorsque au temps lumineux apparaît messidor, Comme un dispensateur de joie universelle, Après le jour de flamme où le soleil ruisselle, Pour le repos du soir la nature s'endort. Puis, la clarté nocturne argente le décor De la campagne, moins ardente mais plus belle. Tout semble revêtir une grâce nouvelle, Et le champ bleu du ciel se fleurit d'astres d'or. Enfin renaît le jour. L'aurore qui se lève, De ses beaux doigts rosés ferme l'aile du rêve, La voix de l'alouette éclate dans l'air pur. ”
Olympe de Gouges,
Molière chez Ninon, ou Le siècle des grands hommes…
“ Molière Jamais je ne l’ai vue dans cet état. Mettez-vous, Monsieur, à la place de Mademoiselle de l’Enclos. Douée de tous les avantages de la Nature, et d’une riche éducation, plus attaquée qu’une autre, et sans doute plus sensible, elle a aimé, elle fut adorée, vous ne l’ignorez point, et que savez-vous si elle n’a pas été mère ? Croyez-vous que la manière dont vous avez parlé d’un fils naturel, ne l’ait point affligée dans le fond de son âme. Plus cette âme est grande et délicate, plus l’outrage est offensant. ”
“ Amis des Dévas, vous accueillez les prières qu’ils vous adressent successivement. Venez pour le bien de la terre et du ciel ; par des chants harmonieux je vous appelle à notre secours. 2. Les Marouts naissent d’eux-mêmes, et se donnent une forme : impétueux et forts, ils produisent (pour nous) l’abondance et la prospérité. Ils se multiplient comme les flots des ondes (célestes) ; et si elles sont des vaches fécondes, ils en sont les taureaux. 3. Tels que les libations aux rayons joyeux, et si douces au cœur, tels que les rites (sacrés) , ils apparaissent (pour notre joie) . ”
Ph. Vigne, Fables et semblants de fables (1873)
“ Un vieux chasseur passant là par hasard La gibecière pleine et lourde, Jette sur cette fleur un pénétrant regard, Et de son sac tirant sa gourde Du peu d'eau qu'elle contenait Arrose la fleur, qui renaît. Et la pauvrette alors en sa reconnaissance Dit au chasseur : Merci ! que Dieu vous récompense. — Riches, de ces malheurs notre monde est rempli. Oh! ne les laissez pas, de grâce, dans l'oubli De votre froide indifférence. Vous qui vivez dans l'abondance, Vous à qui sourit le bonheur, Donnez la goutte d'eau qui rend à l'existence Un homme aussi bien qu'une fleur. ”
Molière,
La coupe du Val de Grâce : réponse au poème de Molière "La gloire du Val de Grâce"
(1880)
“ Quand tu peins un héros, tu rends notre âme atteinte D'amour, d'estonnement, de respect et de crainte; Tu figures le calme et les émotions; Tu fais voir dans les yeux toutes les passions; Tu depeins la clémence et la fureur guerriere, Et monstres sur un front une âme tout entiere. ”
“ LA MARIOTTE Qu’est-ce que c’est, un jour chic ? GOURON C’est un jour où on paie plus cher. LA MARIOTTE Ah ! c’est pas bête. GOURON Seulement c’est fini. À c’t' heure, t’es plus dormeuse ! Une femme éveillée n’attire pas les médecins et les Parisiens !... Voyons, la Mariotte, un bon mouvement... rendors-toi ? ”
Gustave Flaubert,
La Revue blanche
“ Chacun se rue où le pousse son instinct ; le monde fourmille comme les insectes sur un cadavre ; les poètes passent sans avoir le temps de sculpter leurs pensées : à peine s’ils les jettent sur des feuilles et les feuilles volent ; tout brille et tout retentit dans cette mascarade, sous ses royautés d’un jour et ses sceptres de carton ; l’or roule, le vin ruisselle, la débauche froide lève sa robe et remue... horreur ! horreur ! ”
Jean-Pierre Claris de Florian,
Fables de Florian
(1894)
“ Un enfant élevé dans un pauvre village Revint chez ses parents, et fut surpris d'y voir Un miroir. D'abord il aima son image; Et puis, par un travers bien digne d'un enfant, Et même d'un être plus grand, Il veut outrager ce qu'il aime, Lui fait une grimace, et le miroir la rend. Alors son dépit est extrême : Il lui montre un poing menaçant; Il se voit menacé de même. Notre marmot fâché s'en vient, en frémissant, Battre cette image insolente; Il se fait mal aux mains. Sa colère en augmente; Et, furieux, au désespoir, Le voilà, devant ce miroir, Criant, pleurant, frappant la glace. ”
Victor Hugo,
Revue des Deux Mondes
“ Toute la nature prend en pitié cette chose dégradée et charmante que vous appelez une masure, et lui fait fête. Ô masure ! vieux logis honnête et paisible, doux et aimable à voir ! rajeuni tous les ans par avril et par mai ! embaumé par la giroflée et habité par l’hirondelle ! Non, ce n’est pas de cela qu’il s’agit, ce n’est pas d’une vieille maison, je le répète, c’est d’une maison neuve, — d’une masure neuve, si vous voulez. ”
Jean Moréas,
Les cantilènes
(1886)
“ J'ai su depuis ce temps que c'est mirage et leurre Les sceptres d'or et les chansons dans la forêt; Pourtant, comme un enfant crédule, je les pleure, Et je voudrais dormir encor dans la forêt. Qu'importe si je sais que c'est mirage et leurre. Par la douce pitié qui s'attendrit au pli, Pourtant dur, de ta lèvre, inaccessible amante, Saurais-tu donc effacer la marque infamante -Que la vie imprima sur mon front assoupli! ”
“ Rempli de foi et de vénération, je chante en ces lieux Agni, (dieu) protecteur. Qu’il accueille nos hommages. Marchant par ma droite (autour du foyer) , je me présente, pour ainsi dire, avec des chars couverts d’offrandes ; je veux aussi célébrer les Marouts. 2. Les Marouts, enfants de Roudra, arrivent avec leurs daims renommés, sur leurs chars bienfaisants. (Dieux) terribles, les forêts frémissent de crainte devant vous. La terre et ses montagnes sont ébranlées. 3. La montagne (céleste) a senti frémir ses flancs grossis ; votre voix a fait trembler le sommet du ciel. ”
Théodore Maurer, Les femmes de Shakespeare : sonnets… (1901)
“ La marquise, nonchalamment, Poursuit son rêve; et le silence N'est troublé que du battement De l'éventail qu'elle balance. Les chères tendresses, en choeur, Leur gaîté, leur mélancolie, Défilent en son pauvre coeur, Où demeure un grain de folie. Elle revoit maint amoureux, Dans un lointain crépusculaire... Le mouvement des doigts fiévreux Ou s'alentit ou s'accélère. L'éventail aux éclairs rosés, Comme si la soie était fée, Fait un vague bruit de baisers Et de tendre plainte étouffée. ”
Charles Maurras,
Le Mont de Saturne : [conte moral…
(1950)
“ Tant qu'il y aura entre eux une femme, une idée, ou une pièce de cinq francs, les hommes ne cesseront pas de se battre. Mais la littérature ajoute à la férocité naturelle des hommes. Nos écrivains en herbe avaient fait succéder des coups de poing aux claques, leurs cannes avaient joué, s'étaient brisées, on s'était pris à bras le corps. Pour séparer les furieux, il fallut l'effort réuni des six robustes jeunes gens, en équipes de trois. Encore, contenus, ne se calmèrent-ils point, bien que Mariéton et Maurras eussent essayé de leur enseigner la sagesse avec plus d'éloquence qu'aucun de nous. ”
Paul Déroulède,
1870, feuilles de route : des bois de Verrières à la forteresse de Breslau
“ Comment ne pas fermer de temps en temps les yeux, tout en faisant çà et là quelques exemples, sur les chapardages, puisque chapardages il y a, et sur les maraudes, car il y a aussi maraudes, auxquels se livrent des hommes peu ou point nourris? ”
“ Ta majesté est redoutable à l’oiseau volant dans les airs, à la bête sauvage errant sur les montagnes, au serpent caché dans le creux de la terre, au monstre marin plongeant dans l’abîme sans fond. Mais quoi ! ni mon génie n’est à la hauteur de tes louanges, ni ma fortune ne suffit à t’offrir de dignes sacrifices. ”
George Sand,
Théâtre complet de George Sand
“ Scène PREMIÈRE MOLIÈRE, BARON. Molière, seul d’abord, à demi couché sur un canapé, est immobile, les yeux ouverts. On entend confusément chanter derrière le théâtre. Puis Baron ouvre la porte du fond et s’approche sur la pointe du pied. Par cette porte, on entend distinctement ce refrain : Le plus grand malheur, c’est de naître. Le seul bonheur, c’est de mourir. MOLIÈRE, répétant, sans chanter, les deux vers. Le plus grand malheur, c’est de naître. Le seul bonheur, c’est de mourir. ”
Contes à rire et aventures plaisantes ou Récréations françaises… (1881)
“ Maraud, lui dit son maître, ne prononce jamais ce mot de poltron dans mon logis, car c'est le profaner entièrement. Puisque tu n'as pas de coeur, il ne fallait pas choisir pour maître la terreur du genre humain. Je l'ai fait, monsieur, lui dit le valet, pour me mettre à couvert des insultes ; car étant avec vous, qui diable oserait me regarder de travers ? Tu as plus d'esprit que je ne croyais, mon ami, répondit l'Espagnol, et c'est fort sagement pensé. ”
