Ph. Vigne, Fables et semblants de fables (1873)
“ Et puis les papillons qui viennent tour à tour Le matin me parler d'amour. Tu le vois : tous mes jours sont faits d'or et de soie. Pauvre feuille oubliée, oh! comprends-tu ma joie? Comprends-tu mon bonheur ? - Je comprends tout, répond le lierre, Et même ton peu de pudeur. Pour moi, je vis dans le mystère Silencieusement et m'attache où je vis. C'est là le vrai bonheur, du moins à mon avis. Toi, tu vas a grande vitesse Pour briller, hélas! un moment. Chacun son goût. Pour moi, rien ne me presse Et j'aime à vivre lentement Et longuement. ”
