Ph. Vigne

Élements biographiques

Ph. Vigne Fables et semblants de fables (1873)

Et puis les papillons qui viennent tour à tour Le matin me parler d'amour.
Tu le vois : tous mes jours sont faits d'or et de soie.
Pauvre feuille oubliée, oh! comprends-tu ma joie?
Comprends-tu mon bonheur ?
- Je comprends tout, répond le lierre, Et même ton peu de pudeur.
Pour moi, je vis dans le mystère Silencieusement et m'attache où je vis.
C'est là le vrai bonheur, du moins à mon avis.
Toi, tu vas a grande vitesse Pour briller, hélas! un moment.
Chacun son goût. Pour moi, rien ne me presse
Et j'aime à vivre lentement Et longuement.
Source : Gallica

Ph. Vigne Fables et semblants de fables (1873)

Par malheur, près de là, jouaient des hirondelles.
Une voit la fourmi : la happer, l'avaler, Fut plutôt fait que d'en parler.
- Des dieux les règles éternelles Ne s'exécutent point ici-bas à demi.
Ils ont dit à l'oiseau : vole, voilà des ailes ; Et, sois modeste, à la fourmi.
LE LIÈVRE ET LE MOINEAU Fable 100.
Le malheur est sacré : plus d'un homme l'ignore, Et bien plus les oiseaux encore, Vous allez le voir, s'il vous plaît.
— Un jeune lièvre agonisait Sous le bec puissant et terrible D'un aigle; et vainement criait, se lamentait, De manière à toucher une âme un peu sensible.
Source : Gallica

Ph. Vigne Fables et semblants de fables (1873)

Quand vint la nuit l'agneau se rend Auprès de maître loup, qui gémit et qui pleure Sur tous ses maux qu'il n'a point mérités.
Il l'attire vers lui, le place à ses côtés; Et, doucement, de sa patte il effleure La peau De l'agnelet, qu'il trouve gras et beau.
Puis le caresse et le mignotte, Le baise tendrement, tendrement le dorlotte Comme un enfant dans son berceau.
A tant palper ce pauvre agneau La faim lui monte au ventre et la fièvre le quitte; Et tout d'abord son naturel l'excite A commettre un crime nouveau.
Source : Gallica

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